DANS LES DEUX SEVRES
![]()
le 31 août 1944, 18 FFI du groupe " Jean-Claude ",
en maquis à Bouchèble, ont ,
sous les ordres de Jean-Claude et du Capitaine ANTONIN,
attaqué et neutralisé 2 voitures allemandes signalées dans AUGÉ,
puis ont fait face à larrivée dun véhicule blindé, puissamment armé, venu
en renfort.
Ce 2ème combat, très rapproché, localisé sur cette carrière, sest
terminé à la grenade,
Bilan : côté SS et marines : 10 tués dénombrés et plusieurs probables, 1 blessé prisonnier, 3 véhicules H.S.
Aucune perte côté FFI
Notre installation à Cathelogne, déjà décrite, plaçait le T.16 dans une vallée difficile daccès quel que soit le point darrivée.
Cest là que nous ramenâmes des environs de Vausseroux un état major américain destiné à la Vendée. Cest de là que partit, le 18 août une équipe de saboteurs pour une mission près de Ricou. Cest de là que partirent le 19 août, DREVIN, RICARD, VEILLON et Dominique pour un deuxième sabotage sur les mêmes lieux puisque le premier navait pas réussi. Et cest aussi de là que ce même 19 août après-midi, Jean-Claude, LEMBERTON, et David partaient en camionnette vers Bois Néry récupérer les armes tombées du ciel et partagées en 3 lots (T.15, T.16, T.17).
Comme nous étions heureux en revenant vers Cathelogne avec ce précieux chargement... Comme nous étions heureux de donner enfin lordre aux groupes constitués de nous rejoindre.
Et quelle horreur pour nous, leurs amis, dapprendre, par RICARD et Dominique, 1 ou 2 heures plus tard, la mort de DREVIN & VEILLON, tombés au cours de leur mission. Leurs corps furent ramenés dans la nuit du 19 et la matinée du 20 août, et les groupes de renfort croisaient dans la descente de Cathelogne les 2 cercueils hâtivement fabriqués pour nos amis. Ils furent enterrés sur place, à Cathelogne, en présence de CHAUMETTE et dun responsable vendéen venu reconnaître et récupérer létat major américain.
CHAUMETTE confirmait dailleurs le rôle de responsable du T.16 à Jean-Claude et nommait ANTONIN conseiller militaire.
Mais trop de mouvements, trop dallées et venues, avaient pu être repérés en quelques jours, trop de renseignements ou de ragots avaient pu être colportés. Il fallait donc, une fois encore, mais en maquis organisé, trouver une autre implantation.
Aussi, dès que les armes furent dégraissées et préparées, les grenades armées, le T.16, par éléments successifs, partit sinstaller à Bouchèble, chez M. LAMBERT, en lisière des Bois dArpentéreau.
Les renseignements de proximité nous étaient fournis par certains résistants dAUGÉ, mais aussi par des commerçants utilisant leurs tournées comme prétexte à des déplacements moins avouables. Jean-Claude, ANTONIN et Georges recherchaient des terrains dembuscades sous la protection des papiers de garde voies de Georges.
Camille prenait contact avec une équipe SAS épuisée qui sétait livrée à des actions un peu désordonnées dans ce secteur et parvenait à délimiter les zones daction. Et pendant ce temps, trois groupes réussissaient une embuscade quasi parfaite dans la côte de Champeaux (le Conservatoire aura à en reparler lors dun autre circuit). Et enfin, cest là que le boulanger dAUGÉ, le 31 août 1944, au petit jour, nous apprit que 2 véhicules allemands, en panne, étaient stoppés sur le pont dAUGÉ. Laction fut rapidement décidée : le groupe Georges, dans le virage de Champmargou, stopperait le 1er véhicule ; le groupe Jean-Claude tiendrait les hauts de la carrière pour arrêter le 2ème véhicule ; le groupe Robert assurerait une protection rapprochée du bourg dAUGÉ en cas de retour.
Mais rien ne se produisit comme prévu. Les véhicules réparés, seul le 1er sengagea dans la montée, laissant lautre en appui. Le FM de Georges lâcha un 1er coup de feu et senraya. De la voiture immobilisée plongèrent les occupants, qui vers le fossé, qui vers le ravin, harcelés par des tirs de fusils précis et souvent mortels. ANTONIN inquiet pour AUGÉ imposa le " cessez le feu ".
Le 2ème véhicule qui avait soutenu la 1ère progression de tous ses tirs, profite de loccasion et rejoignit sans encombre la voiture immobilisée, bientôt suivi, dun 3ème légèrement blindé mais puissamment armé, arrivé en secret à AUGÉ et probablement alerté par la 1ère attaque.
Ce 3ème véhicule monta jusquà la carrière en bénéficiant du " cessez le feu ". Les hommes dont un feldwebel sortirent et sabritèrent dans la carrière sauf le gradé qui cherchait à savoir qui leur demandait de se rendre. Il aperçut alors 2 hommes du groupe Jean-Claude, plongea dans le fossé et lança 2 grenades à manche bien ajustées. Le combat était repris... Il fallait agir vite et décrocher. A la grenade, Allemands et FFI, à quelques mètres les uns des autres mais du haut en bas de la carrière, saccrochèrent sévèrement. Puis le groupe Jean-Claude remonta vers le virage de Champmargou récupéra le groupe Georges et par le château puis la maison dANTONIN, regagna le groupe Robert à AUGÉ.
Celui-ci navait pas enclenché le combat. Pensant que des renforts pourraient venir de ST MAIXENT pour mener des représailles, les 3 groupes plus le groupe GABEL venu en renfort remontèrent vers le cour dAUGÉ et sorganisèrent en position défensive face à la route de ST MAIXENT. Tard dans laprès-midi et aucune troupe ennemie nayant été signalée, il fut décidé de regagner Bouchèble et de mettre tout leffectif en garde. Les Allemands vinrent pourtant, nombreux et avec de lartillerie. Ils entrèrent dans AUGÉ. Le maire, le prêtre, et quelques personnes avaient décemment ramené les morts allemands à la mairie. Dautres furent trouvés plus tard. En tout, cest une dizaine de morts qui furent dénombrés et dautres, ramenés sur lhôpital de ST MAIXENT doivent probablement allonger la liste de ce dur combat.
La seule chance pour AUGÉ fut le comportement digne de ses responsables qui amena probablement Allemands et Autrichiens venus le soir à se comporter sans excès.
Il est vrai que, fin août, loccupation allemande en France était pratiquement achevée mais AUGÉ avait bien failli devenir un village martyr.
Sources dinformations :
- C.R. : Communication des Résistants & familles
![]()