BALISES DE COMMEMORATION DES SITES DE LA RESISTANCE

DANS LES DEUX SEVRES


SITE DE LA RESISTANCE

Message émis par B.B.C. LONDRES

" Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là "

terrain de parachutage " Le Mélier " de LAGEON

nuit du 19 au 20 juin 1943

nuit du 20 au 21 juin 1943

de deux tonnes d'armes chacun

EN MISSION POUR LA LIBERATION DE LA FRANCES

 

 

DÉROULEMENT DE L'ACTION

 

Contre toute attente et échange de signaux convenus, le chargement du premier parachutage est largué hors du terrain banalisé, pour une raison inconnue.

On croit même, un instant, après son premier passage, et le vol prolongé vers PARTHENAY qui s'en suit, que l'avion ne reviendra pas. Il réapparaît néanmoins pour se délester de son chargement, mais... très à gauche du terrain où l'équipe attend toujours les parachutes ; puis il disparaît complètement.

Désappointés par cette manoeuvre, les Résistants recherchent quand même ce qui a pu être parachuté, quand vers trois heures du matin, André BOUCHET aperçoit de la fumée. Tout en s'approchant, il constate qu'un container a explosé, mettant le feu à un arbre et éparpillant des paquets d'explosifs.

Les sept parachutes et leurs containers sont retrouvés au lieu-dit " Le Grand-Bois ", par le domestique du voisin de Alcide POUBLANC, lequel, sitôt informé, prévient Roger BERNARD, de LAGEON, responsable OCM du secteur.

Après avoir été cachés rapidement sous des fougères, les containers sont chargés sur une charrette à boeufs par Narcisse POUBLANC (fils) puis acheminés avec le même attelage par Alcide POUBLANC (père) jusqu'au magasin à grains de Roger BERNARD, à la gare de GOURGÉ. Là, ces containers sont provisoirement cachés sous le quai en bois qui sert à la manutention des sacs.

C'est dans cette même cache que seront entreposés les containers du deuxième parachutage, lequel s'est déroulé, comme prévu, dans le pré " La Carrière ", au Mélier, de LAGEON.

 

L'abattage de branches qui retiennent le parachute et l'éloignement du matériel, réceptionné dans le chemin du " Bouchet " sont les seuls incidents survenus lors de cette opération.

Pendant ce temps, s'achève au village, la noce de Marcel POTIRON. La cérémonie terminée, Abel NOIRBUSSON transporte le précieux chargement au dépôt de la gare de GOURGÉ, en remplacement de Joseph POTIRON (père), empêché.

QUE VONT DEVENIR CES ARMES ?

Depuis l'incendie survenu accidentellement lors du premier parachutage, des rumeurs circulent dans la population, et les Résistants sont inquiets. Aussi, en prévision d'une possible action de la Police Allemande, les containers sont déménagés jusqu'à la ferme de Marcel SERVANT, " Au plessis aux Grolles " de GOURGÉ.

Là, ils sont stockés une première fois dans une petite écurie, recouverts de fagots de bois. L'odeur de la poudre et du plastic devenant trop forte, un deuxième transfert est entrepris. Les containers sont cachés dans un fossé.

Après quelques semaines, l'odeur caractéristique est à nouveau perçue à travers la terre. Marcel SERVANT entreprend d'effectuer un nouveau transfert. Les containers sont cachés dans un tas de betteraves, dans une grange en espérant que l'odeur de la poudre et des betteraves se confondront. Mais, au cours de l'hiver, la consommation de ce précieux aliment par les animaux libère peu à peu le matériel de sa cachette. Un quatrième déménagement est entrepris : les armes seront cachées sous un tas d'épines.

C'est à cet endroit que Georges GUIGNARD et un aide, Mr BOURREAU, tous les deux armés, viennent prendre possession de ces armes et de ces munitions, avec deux charrettes et quatre chevaux. Les chargements sont recouverts de fumier et le convoi prend la route en direction de POITIERS.

Seul dépôt sauvé des rafles et perquisitions qui suivent l'affaire " GRANDCLÉMENT", les armes serviront à armer les F.F.I. et la Compagnie GUIGNARD du 114' R.1.

LES PRINCIPAUX INTERVENANTS

L'équipe technique des deux parachutages de compose de: Bernard ROGER, responsable OCM de LAGEON et chef de terrain; Eugène BRISSET, chef OCM de PARTHENAY; André BOUCHET; Samuel JAUD; Henri MARTIN. Ensemble, munis d'une lampe blanche ou rouge, ils transmettent les signaux de corde et permettent le balisage du terrain.

A la demande de Roger BERNARD, d'autres patriotes prêtent main forte à l'équipe pour la manutention, le transport, ou pour établir une nouvelle cache. Ce sont:

LA CRAINTE... LES RÉPRESAILLES... LES DISPARUS...

La crainte d'une réaction de la part de la Police Allemande à l'incendie du premier parachutage se concrétise brutalement par l'arrestation de Eugène BRISSET.

Aussitôt informé par Maurice JOUBERT, Roger BERNARD en avise ses camarades et les invite à s'éloigner pendant quelques jours. La plupart ne peuvent s'y résoudre pour des raisons professionnelles ou familiales.

Ces hommes se sacrifient à leur poste de chef de famille pour éviter une arrestation vengeresse de l'épouse et des enfants.

La majorité des Résistants de LAGEON n'est pas affiliée à un réseau à l'époque des parachutages. Leur participation spontanée est celle d'un pur élan patriotique suscité par les chefs de la Résistance, membre d'O.C.M.

Narcisse POUBLANC, arrêté en temps que son père, le 10 août 1943, ne sera libéré que le 14 janvier 1944, après le jugement à NIORT, suivi de 40 jours de cachots. Il reste persuadé que sa disposition, indiquant : " qu'il avait contribué à éteindre l'incendie du premier parachutage pour protéger les récoltes avoisinantes, sérieusement menacées ", l'a sauvé de la déportation.

Henri PETRAULT, persistant à dire " qu'il n'a rien vu, rien entendu ", sera libéré après huit jours de prison.

Le docteur Daniel Bouchet, Roger HELIER, et André BESNARD, condamnés à mort par le Tribunal Militaire Allemand le 18 décembre 1943, seront déportés à BUCHENWALD.

Les autres sont morts en déportation :

Brisset Eugène (1893 - 1945)

Directeur du ciné théâtre de PARTHENAY (Deux-Sèvres). Originaire de Doué La Fontaine (Maine et Loire). Membre du réseau Organisation Civile et Militaire (OCM). Arrêté le 05/8/1943. Incarcéré à POITIERS puis transféré à COMPIEGNE. Déporté à BUCHENWALD puis à MAUTHAUSEN (Kommando GUSEN). Décédé à  GUSEN (Autriche) le 03/2/1945.

  MARTIN Henri ( 1881 - 1944 )

Employé chez M. BERNARD, grainetier. Originaire de CHATILLON SUR THOUET (Deux-Sèvres). Membre du réseau Organisation Civile et Militaire (OCM). Arrêté le 10/8/1943 pour participation à des parachutages et dépôts d'armes. Incarcéré à POITIERS jusqu'au 21/1/1944. Transféré à COMPIEGNE puis déporté à BUCHENWALD.

  MOLES Henri ( 1896 - 1944 )

Instituteur à LAGEON (Deux-Sèvres). Originaire de LIBOURNE (Gironde). Membre du réseau Organisation Civile et Militaire (OCM). Arrêté le 10/8/1943. Emprisonné à POITIERS. Transféré à COMPIEGNE. Déporté à BUCHENWALD et MAUTHAUSEN. Puis à HARTHEIM où il décède le 08/7/1944.

  MIRBEAU Clovis ( 1903 - 1944 )

Agriculteur-cafetier. Originaire de CHATILLON SUR THOUET ( Deux Sèvres). Membre du réseau Organisation Civile et Militaire ( OCM ). Arrêté le 10/8/1943 pour participation à des parachutages et stocks d'armes. Incarcéré à POITIERS puis transféré à COMPIEGNE. Déporté au camp de BUCHENWALD puis à FLOSSENBURG où il y décède le 11/3/1944. Ces cendres ont été rapatriées au Cimetière National de RIVAUCOURT ( Oise ).

  POTIRON Joseph ( 1893 - 1944 )

Agriculteur. Originaire de AMAILLOUX ( Deux- Sèvres ). Membre du réseau Organisation Civile et Militaire ( OCM ). Arrêté pour participation à des parachutages et caches d'armes le 10/8/1943. Incarcéré à POITIERS puis transféré à COMPIEGNE. Déporté à BUCHENWALD le 22/1/1944 où il décède le 14/7/1944.

  POUBLANC Alcide ( 1885 - 1945 )

Agriculteur. Originaire de la CHAPELLE BERTRAND ( Deux-Sèvres ). Membre du réseau Organisation Civile et Militaire (OCM ). Arrêté pour participation à des parachutages et caches d'armes, le 10/8/1943. Incarcéré à POITIERS puis transféré à COMPIEGNE. Déporté à BUCHENWALD le 22/1/1944. Décédé le 20/3/1945 à BERGEN-BELSEN.

  NOIRBUSSON Abel ( 1905 - 1945 )

Agriculteur. Originaire de GOURGE ( Deux-Sèvres ). Membre du réseau Organisation Civile et Militaire ( OCM ). Arrêté pour participation à des parachutages et caches d'armes. Incarcéré à POITIERS puis transféré à COMPIEGNE. Déporté à BUCHENWALD le 22/1/1944 puis à HELRICH, DORA où il est décédé le 03/1/1945.

  VALLEAU Arsène ( 1902 - 1945 )

Agriculteur. Originaire de LOUIN ( Deux-Sèvres ). Membre du réseau Organisation Civile et Militaire ( OCM ). Arrêté pour participation à des parachutages et caches d'armes le 10/8/1943. Emprisonné à POITIERS puis transféré à COMPIEGNE. Déporté le 21/1/1944 à BUCHENWALD et FLOSSENBURG où il décède le 06/3/1945. Incinéré le 08/3/1945.

Mémorial de Lageon :

Ce monument, réalisé en 1948, est un portique de granit portant à son fronton le V de la victoire et la croix de Lorraine. Dans le marbre, au-dessous d'une urne de granit, sont gravés les noms des 48 victimes des bagnes nazis dont 7 originaires de la commune de Lageon.

monument de Lageon

 

Sources d'informations :

dépliant sur le monument de Lageon

 

Retour à la carte