DANS LES DEUX SEVRES
SITE DE LA RESISTANCE
Résidence de la famille BRANGIERFut le refuge clandestin de
Edmond PROUST alias " GAPIT ",
Alias " CHAUMETTE "
A la suite de son arrestation manquée Le 18 février 1944 à PERRÉ
POUR LA LIBERATION DE LA FRANCE
Obterre, Edmond PROUST et Lina son épouse sont instituteurs depuis 1921 à lécole de la " Chaumette " près du village de Perré, commune de Saivres. Ils hébergent sa mère, Modeste PROUST.
En 1940, PROUST a été fait prisonnier et interné à NUREMBERG (oflag XIII A). En août 1941, il est rapatrié comme ancien combattant 1914/1918. Entré dans la résistance dès 1942, il est chef de la zone sud de lorganisation civile et militaire (OCM) des Deux-Sèvres sous le nom de " GAPIT ".
Début juillet 1943, le Colonel DELAHAYE, chef départemental de lOCM quitte le département pour échapper à larrestation.
En août 1943, le chef régional Colonel THINIERES confie le commandement des Deux-Sèvres à PROUST alias " GAPIT ".
Parallèlement début août, la Gestapo redouble dactivité et procède à de nombreuses arrestations notamment dans les secteurs de THOUARS, BRESSUIRE, PARTHENAY et MELLE.
Fin août 1943, conformément aux ordres reçus, de séparer lactivité civile de lactivité militaire, lOCM et le mouvement " Libération " dont le chef régional est le Général FAUCHER alias " THOMAS " et le chef départemental Jean RENHAS, fusionnent. " GAPIT " prend en charge lorganisation de larmée secrète (A.S.) des Deux-Sèvres que lui confie linspection militaire de libération, par lintermédiaire du Capitaine CHICHÉRY, responsable interdépartemental du mouvement.
Soucieux de ne pas mettre inutilement sa mère en danger, PROUST lemmène fin décembre chez sa nièce, institutrice retraitée à Exoudun, où elle a lhabitude parfois de séjourner. PROUST, a également pensé à trouver un refuge pour lui-même et son épouse. En revenant dExoudun, avec son fils, il fait un crochet par la Bidolière où réside son camarade Gaston BRANGIER, ancien combattant 1914/1918 grièvement blessé à VERDUN décoré de la Légion dHonneur sur le champ de bataille. Les sentiments de BRANGIER envers loccupant ne font aucun doute mais les séquelles de sa blessure (un éclat dobus est demeuré dans un poumon) ne lui permettent que peu dactivité physique. Mis au courant du début de la visite de PROUST, lui même et son épouse acceptent sans hésiter daccueillir le ménage PROUST et de le cacher le temps quil faudra. Le beau-frère Lucien TASCHER, épicier à la Paillanderie de ST MAIXENT pouvant éventuellement faciliter les liaisons avec lextérieur. " La Bidolière est très retirée, nous navons pas denfant, pas davantage de neveu ou nièce, venez quand vous voudrez, la maison vous est ouverte ".
De retour à lécole de Perré, PROUST continue de prendre des mesures de prudence, lui-même et son épouse cessent de dormir à la maison décole et passent leurs nuits chez des amis sûrs, les LACROIX, du village de Perré proche de lécole.
En janvier 1944, lordre de bataille de lA.S. des Deux-Sèvres et le relevé des moyens, bien maigres, dont elle dispose sont fournis au délégué militaire régional, Claude BONNIER alias " HYPOTHÉNUSE " et des parachutages sont instamment demandés. Mais le 29 janvier, le Général FAUCHER est arrêté. Le 8 février cest le tour dHYPOTHÉNUSE et de plusieurs membres de son Etat Major.
Le 18 février, cest lE.M. des Deux-Sèvres qui est à son tour frappé, CHICHÉRY & LALLEMAND (1er bureau), RENHAS (2ème bureau), PAPOT (4ème bureau) et PROUST, chef des liaisons, le docteur LAFFITTE, chef du service de santé clandestin sont arrêtés. PROUST alias " GAPIT " glisse entre les mains des policiers Allemands : venant du hameau de Perré où Lina est restée chez les LACROIX, il est arrivé au petit jour. Il a constaté que tout était en ordre, les mouchards posés, la veille, sur la barrière dentrée étaient intacts. Il est entré dans la maison a déposé sa serviette (rien de compromettant nest dedans) sur la table de la cuisine, et allumé le feu dans la cheminée. Mais, toujours aux aguets, il lui semble entendre des bruits anormaux. Il jette un coup doeil à lextérieur, par la cour de récréation et aperçoit des voitures noires arrêtées devant la barrière, doù sortent des civils donnant des ordres à des militaires Allemands qui descendent dun camion. Sans plus attendre, il traverse la cour à labri des murs et senfuit dans la campagne derrière lécole. Après un grand détour, il arrive à Perré prévient Lina, et les LACROIX et repart par la vallée... Il se réfugie chez des parents délèves, les ROSSIGNOLS de la Tine de Verrières doù il ne partira quà la nuit tombée pour rejoindre la Paillanderie, chez TASCHER, puis la Bidolière. Il y retrouve Lina quun ami complice, Louis MORISSET, a ramené en voiture à cheval.
PROUST sinstalle dans la clandestinité et poursuit sa mission sous le pseudonyme de " CHAUMETTE ", mais il ny aura à la Bidolière aucune réunion clandestine, aucune visite inhabituelle, laction secrète se déroulant à lécole de Sainte Eanne, chez les MARSTEAU où " CHAUMETTE " se rend de nuit par les chemins de campagne. Il reste cloîtré dans le logis de la Bidolière ne paraissant absolument pas dans la journée, toujours prêt, en cas de danger à sauter par la fenêtre dans le bois qui jouxte le logis. Même les fermiers tout proches ne se sont jamais douté de sa présence.
Quant à Lina, elle est devenue Madame APERCE, une amie réfugiée de la Rochelle. Pour accréditer la thèse de la fuite en Angleterre, la radio de Londres passe vers la fin février le message suivant : " Obterre et Lina bien arrivés. Bon courage à tous, à bientôt ". A-t-il contribué à ce que tout se passe sans incident par la suite ? Cest en tout cas, ce qui sest heureusement produit jusquà la libération.
Sources dinformations :
- C.R. : Communication des Résistants & familles
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