DANS LES DEUX SEVRES
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SITE DE LA RESISTANCE
Message émis par B.B.C. LONDRES
" Si je meurs, venge-moi "
terrain de parachutage
" Le Bois de dix-heures " de MAISONTIERSnuit du 24 au 25 juillet 1943
trois tonnes d'armes en 16 containers
EN MISSION POUR LA LIBERATION DE LA FRANCE
LE PARACHUTAGE
A la demande du docteur Daniel BOUCHET de ST LOUP, un terrain est recherché par Ernest CAILLEAU, exploitant à la " Pommeraie ". " La Grande Prairie ", dissimulée par les arbres retient la préférence pour sa situation et ses dimensions : 500 m de long et 100 m de large.
Deux parachutages sont programmés pour les 11 et 19 juin, mais l'avion ne vient pas. Finalement, l'événement se produit dans la nuit du 24 au 25 juillet en la présence de:
BERNARD André
BOUCHET Monique
CAILLEAU Ernest
GEANTET Casimir
GUINDON Camille
MERCERON Lucien
BONET Arsène
BOUTIN André
CLER René
GRIMAULT Marcel
HÉLIER Roger
Le docteur Daniel BOUCHET, retenu en Charente par une mission près des Résistants est remplacé par André BERNARD, garagiste à ST LOUP.
Trois tonnes d'armes, réparties en 16 containers de 150 kg apportent aux Résistants :
117 mitraillettes avec leurs chargeurs & munitions
85 revolvers à barillet de 6 balles 9 mm
105 revolvers à barillet de 5 balles 11 mm
> 4 pneus destinés au Maire de BRESSUIRE, le docteur BERNARD.
Une faible partie de ces armes est transportée à RIPERE et cachée par Arsène BONET. Ainsi qu'à ST LOUP dans le garage du docteur BOUCHET puis transportée à nouveau dans le clocher de LOUIN par André BOUTIN et Rémi LOUBEAU.
Le samedi 07 août, dès l'arrestation de Eugène BRISSET, responsable OCM de PARTHENAY, le groupe de MAISONTIERS décide de changer les armes de place. Dans la nuit même Ernest CAILLEAU les transporte avec son cheval et la carriole de la ferme des " Brûlots " au " Bois de dix-heures ", cachées sous des fagots de bois.
Gabriel CAILLEAU et Marcel GOURDON, ouvriers agricoles chez Ernest CAILLEAU passeront une partie de la nuit à enterrer les toiles de parachutages dans le jardin de la " Pommeraie " en dissimulant la cache par une plantation de poireaux.
LE DRAME
Le ménage GRIMAULT et leurs deux enfants occupent la ferme isolée " Les Brûlots ". Le mari travaillant chez Maurice CLISSON à " l'Orge Boisseau " et son épouse surveillant les troupeaux au pré, de Mr CAILLEAU.
Ce 09 août 1943, Odette GRIMAULT est restée à la maison près de son fils Jean alité pour une angine. Lorsqu'elle voit arriver une voiture, d'où descend un civil qui dévoile son identité en termes gutturaux et significatifs : " Madame. Vous. Cacher des armes ici ". Contenant son émotion et avec le courage nécessaire en pareille circonstance, elle tente de persuader le policier qu'il s'agit d'une erreur.
Il demande alors Mr GRIMAULT. Elle tente à nouveau de le détourner de ses intentions en expliquant que son mari travaille au loin et qu'il rentre tard le soir. Alors, l'homme s'énerve et entraîne la malheureuse femme vers une seconde voiture arrivée pendant la conversation en lui ordonnant de le conduire chez l'employeur, Maurice CLISSON à " l'Orge Boisseau ".
Là, les policiers s'emparent rapidement de Marcel GRIMAULT, puis reviennent à la ferme. A l'arrivée, ils invitent Mme GRIMAULT à retourner près de son fils et poussent son mari dans l'étable où l'interrogatoire débute sous les coups. Il est pendu par les pieds à une poutre du faîtage et maltraité avec force mais n'avoue pas. Son supplice prend fin lorsqu'un des policiers resté à l'extérieur découvre un train de roues de charrette se dirigeant vers le bois. C'est la trace de l'évacuation des armes de l'avant dernière nuit ; elle conduit directement au stock, sous un tas de bois.
Après avoir requis des voisins de " la Dube ", Messieurs CROIZÉ père & fils, les policiers font transporter les armes jusqu'à la route où un camion les prend en charge. Puis,
Mme GRIMAULT voit partir son mari, pour toujours, en mauvais état, sans pouvoir lui adresser un seul mot
LA RÉPRESSION
Ce même jour, et dans des conditions aussi dramatiques, sont arrêtés le docteur Daniel BOUCHET de ST LOUP et Roger HÉLIER de la CHAPELLE ST LAURENT, responsables OCM. Ils sont mis au secret à la prison de la Pierre Levée à POITIERS et condamnés à NIORT le 18 décembre, déportés à BOCHENWALD.
Le 06 octobre, la répression s'abat de nouveau sur le groupe et se traduit par l'arrestation à ST LOUP du docteur CLER et de Jean THABAULT; à LOUIN de André BOUTIN & de son fils Michel; à RIPERE de Arsène BONET, Camille GUINDON, Casimir GEANTET et à MAISONTIERS de Ernest CAILLEAU et de Lucien MERCERON. Tous emprisonnés à la Pierre Levée de POITIERS.
En juillet 1944, des armes de ce parachutage du " Bois de dix-heures " conservées et entretenues par les épouses des Résistants arrêtés, Mesdames GRIMAULT, GEANTET & BONET sont remises à Gabriel CAILLEAU qui les livre à Messieurs MOREAU et Robert CAILLEAU du maquis de la région de PARTHENAY.
Quatre Résistants de MAISONTIERS sont morts en déportation :
GRIMAULT Marcel ( 1899 - 1944 )
Agriculteur. Originaire de AMAILLOUX ( Deux-Sèvres ). Membre du réseau Organisation Civile et Militaire ( OCM). Arrêté pour participation à des parachutages et dépôt d'armes. Déporté au camp de FLOSSENBURG du 22/1 au 28/10/1944 date de son décès.
GEANTET Casimir (
1901 - 1944 )
Agriculteur. Originaire de AMAILLOUX ( Deux-Sèvres ). Membre du réseau Organisation Civile et Militaire ( OCM). Arrêté pour participation à des parachutages le 06/10/1943. Déporté au camp de HRADISKO où il décède le 14/3/1944.
CAILLEAU Ernest (
1888 - 1944 )
Agriculteur. Originaire de MAISONTIERS ( Deux-Sèvres ). Membre du réseau Organisation Civile et Militaire ( OCM). Interné à POITIERS jusqu'au 15/1/1944. Transféré à COMPIEGNE. Déporté à BUCHENWALD le 21/1/1944 puis à FLOSSENBURG MULSEN. Décédé le 15/12/1944.
BONET Arsène ( 1888
- 1944 )
Agriculteur. Originaire de MAISONTIERS ( Deux-Sèvres ). Membre du réseau Organisation Civile et Militaire ( OCM). Arrêté pour participation à des parachutages LE 06/10/1943. Interné à POITIERS ET COMPIEGNE du 06/10/1943 AU 21/1/1944. Déporté au camp de BUCHENWALD, transféré à FLOSSENBURG, Kommando de MULSEN où il décède le 12/9/1944.
Sources d'information :
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