BALISE DE COMMEMORATION DES SITES DE LA RESISTANCE

DANS LES DEUX SEVRES

 

 

Réseau " DELBO-PHENIX "

J.DEPRAETERE " GEORGES " - L. MICHAUD " PETIT-LOUIS "

Opération " SCENERY I "

Lieu-dit " la prairie " - PERIGNE

Dans la nuit du 16 au 17 novembre 1943, un avion " Lysander " arrivant d'Angleterre

débarque Willy Le QUIN & Marcel RAYON

 

 

L’opération " SCÉNÉRY " se déroula sur ce vaste terrain de la commune de PÉRIGNÉ, au lieu-dit " la prairie ". Utilisé en " vaine pâture " une fois les récoltes faites, il avait été choisi pour son accès particulièrement facile et sa surface très plane.

Cette nuit du 16 au 17 novembre 1943 - nuit de pleine lune - une gelée blanche recouvrait la campagne. Le Comité d’accueil chargé de recevoir les arrivants de LONDRES et de faire partir deux agents était composé entre autres, de Jean DEPRAETERE alias " GEORGES " ou " TAYLOR ", chef du réseau de renseignement Franco-Belge DELBO-PHÉNIX, dont le centre opérationnel était à NIORT ; de Louis MICHAUD alias " PETIT-LOUIS " son adjoint et collaborateur direct ; d’Albert LUYCKX alias " LLOYDS " ou " KEEPER ", radio de ce réseau " ZÉRO FRANCE ". Etait également présent Jean LAURANT de CELLES SUR BELLE, pour aider à repérer en pleine nuit l’emplacement exact du terrain.

Cette équipe de réception était en place vers 0 h 30. Le " Lysander " est arrivé mais l’ombre des peupliers qui bordaient le pré, ainsi qu’une brume basse, gênaient la perception du balisage. L’avion a survolé deux fois le terrain et s’est finalement posé sur une zone détrempée. Les roues se sont embourbées et malgré les efforts conjugués de tous les participants, il a été impossible de le faire bouger. Pour tenter de débloquer la situation, " PETIT-LOUIS " a fait appel à un fermier voisin, M. Adolphe FOURNIER, qui a tenté avec ses boeufs de dégager l’appareil. Devant l’impossibilité d’y parvenir et après deux heures de vaines tentatives, le Capitaine Robin HOOPER (1), pilote du " Lysander " a décidé de le détruire.

Après avoir cassé ses instruments de navigation et réussi à percer le réservoir, l’appareil a été incendié et dans le brouillard qui s’était épaissi, seul un halo lumineux pouvait signaler ce qui se passait.

Le Comité de réception, ainsi que le pilote et les agents pour qui cette opération avait été montée, se replièrent sur NIORT et sur CELLES. Le Capitaine HOOPER fut d’abord recueilli chez M. POIRAULT à " PAPON " de CELLES. Les autres furent tous pris en charge par " PETIT-LOUIS " qui les répartit chez les membres du réseau DELBO-PHÉNIX à NIORT et dans les environs de NIORT. Le Capitaine HOOPER fut ensuite hébergé à " CHABAN " de CHAURAY chez M. André BELLOT.

Il put repartir sur LONDRES, dans la nuit du 16 au 17 décembre suivant, depuis un terrain situé à ASSAIS, dans le Nord du Département, terrain trouvé par M. André AIRAULT, autre membre de DELBO-PHÉNIX. Le lendemain les Allemands vinrent en force pour récupérer l’épave et savoir ce qui s’est passé. Le camion sur lequel devait être chargé cette épave s’embourba et une nouvelle fois les boeufs de M. FOURNIER furent mis à contribution. L’un de ces boeufs se nommait " FRIDOLIN ", mais leur maître était bien ennuyé de l’appeler par son nom, qu’il avait transformé pour l’occasion en ... " PAPILLON ". Ce même jour, Louis MICHAUD, dans ses activités aux Ponts & Chaussées, fut demandé pour aller voir " des trous à boucher " du côté de PÉRIGNÉ. Monsieur FOURNIER fut emmené et interrogé par les Allemands qui le laissèrent repartir sans l’inquiéter.

Dans cette affaire :

- étaient arrivés :

Willy Le QUIN et Marcel RAYON (alias " DUBOIS "), hébergés à CHERVEUX par l’intermédiaire de Huguette MOINARD, devenue Madame BONNEAU, membre de DELBO-PHÉNIX.

- devaient partir :

Alex KAISIN, chef du réseau de renseignements Franco-Belge " ZÉRO-FRANCE " et Joseph DUBAR, connu aussi sous les noms de " JEAN du NORD " ou " JEAN de ROUBAIX ", également membre important de " ZÉRO-FRANCE " (2).

Cette opération " SCÉNÉRY " démontre quelles difficultés les mouvements de Résistance et de renseignements rencontraient dans leur liaison avec l’Angleterre et que, dans ce domaine, l’imprévu pouvait être le maître du jeu avec quelques fois des conséquences dramatiques.

 

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(1) Après la guerre le Capitaine Robin HOOPER fut ennobli par la reine Elisabeth et devint Sir Robin HOOPER. Il fut à la fin de sa carrière, Ambassadeur de GRANDE-BRETAGNE en Grèce.

(2) Ce réseau était également implanté à NIORT avec Jean HOYOUX comme radio qui travaillait en collaboration avec Georges GIBAULT, DELBO-PHÉNIX et ZÉRO-FRANCE furent démantelés au cours du 1er semestre 1944, pendant lequel un grand nombre de leurs membres furent arrêtés et déportés.

 

 

Sources d’informations

- Notes de M. Louis MICHAUD (recueillies par son neveu M. Michel GRIMAULT)

- " Nous atterrissions de nuit... " de Hugh VÉRITY

- " Le réseau DELBO-PHÉNIX ", dossier de Sylvain GRIMAULT

- Témoignages divers (participants & témoins)

- " L’affaire GIBEAULT " de J.M. POUPLAIN

 

 

  

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