BALISE DE COMMEMORATION DES SITES DE LA RESISTANCE

DANS LES DEUX SEVRES

 

 

Dans la maison d’école de Sainte-Eanne, habitation des MARSTEAU,

Edmond PROUST alias " GAPIT " alias " CHAUMETTE "

organisa le P.C. clandestin de l’OCM,

puis de l’Armée Secrète départementale, de mars 1944 à la libération

 

René MARSTEAU et son épouse sont depuis la rentrée scolaire 1942 instituteurs à l’école publique du Breuil, commune de Sainte Eanne. Ils ont été déplacés d’office de leur poste précédent à Amailloux du fait de leur opposition plus ou moins marquée au régime de VICHY. Ils ont deux filles d’une dizaine d’années.

Immédiatement acceptés par la population de Sainte Eanne, ils entretiennent d’excellents rapports avec leurs collègues comme avec l’ensemble du corps enseignant. Militants socialistes convaincus, ils sont contre tous les totalitarisme, viscéralement épris de liberté donc instinctivement opposés à l’occupant nazi.

Dès le début de 1943, ils recherchent le contact avec la résistance. Ils le trouvent à ST MAIXENT auprès de CHICHÉRY alias " Capitaine RÉMY " responsable interdépartemental du mouvement " Libération ", beau-frère de BECHE, député socialiste des Deux-Sèvres.

Sous le nom de " CAVOUR ", MARSTEAU devient lieutenant, chargé du recrutement et de l’encadrement du dit mouvement dont le chef départemental est Jean RENHAS alias " JÉROME " et le chef régional, le Général FAUCHER alias " THOMAS ".

Conformément aux ordres reçus du plan national, fin 1943, les mouvements OCM (Organisation Civile et Militaire) et " Libération " fusionnent pour donner naissance à l’Armée Secrète des Deux-Sèvres sous l’autorité de PROUST alias " GAPIT ", instituteur à Perré de Saivres.

Le P.C. de l’A.S. des Deux-Sèvres s’implante en partie à l’école de Sainte Eanne, chez les MARSTEAU qui restent en étroite liaison avec PROUST. André BOYER, ami des MARSTEAU assure des liaison notamment avec CHICHÉRY à ST MAIXENT et BECHE à PARIS.

Mais la Gestapo redouble d’activité et après de nombreuses arrestations début août 1943 dans les secteurs de THOUARS, BRESSUIRE, PARTHENAY et MELLE, le 29 janvier 1944, elle arrête le Général FAUCHER devenu chef régional de l’A.S. région B. Le 9 février, c’est le tour de BONNIER Claude alias " HYPOTHÉNUSE ", délégué militaire régional, de BARDIN et de plusieurs membres de son Etat Major.

Le 18 février, c’est l’Etat Major des Deux-Sèvres qui est frappé, CHICHÉRY, RENHAS, LALLEMAND (1er bureau), PAPOT (4ème bureau) et PROUST alias " LENOIR " sont arrêtés. PROUST alias " GAPIT " glisse entre les mains de la Gestapo et se réfugie avec son épouse à la Bidolière, chez les BRANGIER. Il s’installe dans la clandestinité et poursuit sa mission sous le pseudonyme de " CHAUMETTE ".

Il faut reconstituer l’Etat Major départemental et renouer tant avec les formations régionales voire nationales qu’avec les responsables de secteurs dans le département.

Au début de mars, " CHAUMETTE " se présente, un soir à la nuit venue, chez les MARSTEAU. Madame MARSTEAU se trouve face à un individu à la barbe hirsute, un béret enfoncé sur les yeux, dans un costume trop grand pour lui, qu’elle ne reconnaît pas tout d’abord. Très vite, ce sont les retrouvailles et le travail clandestin qui recommence pour rétablir les liaisons nécessaires.

Au fil des semaines et des mois qui s’écoulent " CHAUMETTE " revient la nuit tombée à Sainte Eanne et en repart au petit jour. Toute la nuit, il travaille avec MARSTEAU et les agents de liaison :

Ø André ROYER (DUBREUL) pour les missions hors département.

Ø Hubert ARNAULT (YVES) pour les secteurs de NIORT avec PAIRAULT René.

Ø Fernand MOREAU pour le secteur de la MOTHE ST HÉRAY.

Ø Joseph PINEAU, Président du Comité Départemental de libération pour le secteur de MELLE et pour les responsables NAP (Noyautage des Administrations Publiques), SNCF et PTT notamment : Robert AYRAULT alias " BRÉCHOIRE " pour le secteur de THOUARS, SUIRO Jean pour le secteur de BRESSUIRE, BIAUJOU Roland et GUIGNARD Georges pour le secteur de PARTHENAY.

Peu à peu, la structure départementale est renforcée et quand a lieu le débarquement en Normandie, plus de 2 000 hommes sont prêts à l’action sous l’autorité de leur chef de groupes devenus Triangles. Malheureusement, malgré les demandes instantes réitérées notamment auprès du Général MORAGLIA, chef régional de l’A.S. à BORDEAUX, aucun matériel, aucune arme n’a été parachuté. Seuls quelques Triangles sont sommairement équipés d’armes provenant du reliquat de parachutages anciens, échappé à la Gestapo (1 dans la région de THOUARS, 3 dans la région de PARTHENAY et 3 dont le Triangle 16 dans la région de ST MAIXENT). Ils entreront en action à la diligence de leurs chefs respectifs.

Dès le mois de mai, des rapports réguliers se sont établis avec le chef départemental des Francs Tireurs et Partisans (FTPF), le commandant ROBIN alias " MICHEL ".

Il est convenu que les deux Etats Majors opéreront en liaison et complet accord pour coordonner leurs efforts. C’est là l’amorce de l’entente entre A.S. et FTPF d’août 1944, qui constituent un Etat Major commun d’où naîtront les FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) sous le commandement de " CHAUMETTE ".

Nombre de clandestins ou autres responsables devenus des personnalités après la libération sont venus à Sainte Eanne et notamment :

Ø le Général MORAGLIA alias " DUFOUR ", chef régional de l’A.S.

Ø René HUDELEY, préfet clandestin désigné par Alger.

Ø Joseph PINEAU, président du comité départemental de libération.

Ø le Major britannique WHITTY alias " HAROLD " du réseau JEDBURG parachuté dans la région de l’Absie qui finit par obtenir quelques parachutages bien tardifs.

C’est donc une activité clandestine très importante qui, pendant sept mois a eu lieu à Sainte Eanne. Grâce aux multiples précautions prises, grâce aussi, à coup sûr, à la complicité plus ou moins consciente du voisinage, plus ou moins immédiate qui faisait confiance à ses " maîtres d’école ". Aucun drame n’a été à déplorer et la libération a permis à chacun de réapparaître...

Après un court passage à l’Etat Major de la subdivision militaire renaissante, René MARSTEAU a assuré à la Préfecture des Deux-Sèvres l’accueil des prisonniers rapatriés d’Allemagne avant de reprendre sa classe à Sainte Eanne.

Edmond PROUST après avoir assuré en son ordre la libération du département, reconstitué et commandé le 114° RI en opération devant la Rochelle, a été démobilisé fin 1945 et a repris, avec son épouse, son poste d’instituteur à Perré de Saivres.

 

 

Sources d’informations :

- C.R. : Communication des Résistants & familles

 

  

 

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