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au Centre Régional "Résistance & Liberté"

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Généralités sur la Résistance

   

- Le contexte
- Les premières actions
- Des motivations différentes
- L’appel du 18 juin 
- Rallier les colonies
 

- Contrer la propagande allemande ou vichyste
- Fournir des renseignements 
- L’organisation des réseaux
 

- A l’extérieur, les premiers succès
- Un contexte moins défavorable
- Des formes d’action multiples
- L’organisation des mouvements
 

- La fusion des mouvements
- Le CNR
- Du CFLN au GPRF
- Les FFI
- La Libération

 

   

Les débuts difficiles de la Résistance

Le contexte

En 1940 la France ne comptait pas 40 millions de collaborateurs. Rares pourtant ceux qui dès le début de l’occupation allemande ont dit simplement " non ". L’invincibilité de la Wehrmacht, l’absence d’alliés, hormis l’Angleterre repliée sur son île, la déroute des autorités françaises, civiles et militaires, tout pouvait inciter la population à rester dans l’attentisme.

Les premières actions

La Résistance, même si on ne l’appelait pas encore ainsi, débute dès le 17 juin 1940 lorsque des soldats refusent d’obéir aux ordres de désarmer. C’est le cas du lieutenant Naud mort au combat dans la plaine de Moncontour le 22 juin 1940. C’est aussi l’action individuelle et spontanée de particuliers tels Etienne Achavanne, fusillé en juin 1940 pour avoir coupé des fils téléphoniques. C’est le geste réfléchi du préfet de l’Eure-et-Loir Jean Moulin qui tente de se suicider pour ne pas obéir aux ordres. C’est aussi l’attitude du capitaine Henri Frénay qui dès l’été 1940, après s’être évadé, imagine la création d’un " mouvement " destiné à libérer le pays. Citons encore le comportement, du lycéen airvaudais Henri Ecochard qui, après avoir entendu le discours de Pétain, effectue, le (… ), le trajet Tours-la Rochelle en vélo pour rejoindre l’Angleterre.

Des motivations différentes

Qui sont ces premiers réfractaires ? des militaires d’abord, dont le patriotisme et la conception du devoir les conduisent à désobéir aux ordres. C’est le cas de Frénay ou du lieutenant Simon, actuel Chancelier de l’Ordre de la Libération. On trouve aussi des figures issues de l’extrême droite qui n’acceptent pas l’occupation étrangère. Mais la grande majorité des premiers résistants partagent avant tout les valeurs humanistes de la démocratie, de la liberté et des droits de l’homme. " Résister c’est réfléchir " insiste Lucie Aubrac. Ce n’est pas un hasard si ces résistants, avant la guerre, s’engageaient dans la vie politique, syndicale ou associative. Certains s’efforçaient même d’alerter l’opinion publique sur la menace du fascisme, comme Pierre Brossolette, universitaire et journaliste au Populaire.

 

L’appel du 18 juin

La flamme de la résistance ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ". Cet appel lancé à la BBC par le général de Gaulle, inconnu des Français, a été peu entendu et encore moins suivi, tant la victoire allemande semble inéluctable en juin 1940. Parmi les soldats français présents sur le sol britannique, seuls 1200, notamment des marins, vont constituer l’embryon des Forces françaises libres. Viennent s’ajouter les premiers volontaires, notamment des Bretons, et en particulier les 121 hommes de l’île de Sein.

 

Rallier les colonies

Constatant l’adhésion des autorités françaises à Vichy, le général de Gaulle confie à quatre représentants, Leclerc, Pleven, de Boislambert, et de Larminat, la mission de négocier les ralliements des colonies. Si l’échec des français libres à Dakar a compromis le ralliement de l’Afrique occidentale française, de Gaulle peut en revanche compter sur les ralliements du Tchad, le 26 août, du Cameroun le 27, et de toute l’Afrique équatoriale française le 29. Ils fournissent à la France libre ses premières assises territoriales.

 

Les premières actions de la Résistance

 

Contrer la propagande allemande ou vichyste

 

Informer la population est une préoccupation majeure. Dès juillet 1940, la France libre dispose de deux émissions quotidiennes à la BBC. A l’intérieur, face à la propagande allemande ou vichyste, qui détiennent le monopole des moyens d’expression, la Résistance doit faire entendre une parole différente. La plupart des mouvements de Résistance se développent autour de journaux clandestins qui voient le jour dès 1940. C’est le cas de Valmy, lancé le 20 septembre, jour anniversaire de la victoire contre les Prussiens, ou des Petites Ailes de France de Frénay, qui deviendront Combat.

 

Fournir des renseignements

 

Dès juillet 1940, la France libre mit sur pieds un service de renseignements rebaptisé ensuite Bureau Central de Renseignements et d’Action (BCRA) et dirigé par le Colonel Passy. Il s’agissait, en recrutant des agents sur l’ensemble du territoire français, de recueillir le maximum de renseignements sur l’occupant. L’agent le plus remarquable fut sans conteste le colonel Rémy, fondateur du réseau C.N.D. (Confrérie Notre-Dame) qui couvrait tout l’ouest du Pays, et disposait d’un radio, Anquetil, qui envoyait ses messages de Thouars avant d’être arrêté par la gestapo en juillet 1941.

 

L’organisation des réseaux

 

Selon Claude Bourdet, compagnon de Frénay à Combat, " un réseau est une organisation créée en vue d’un travail militaire précis, essentiellement le renseignement, accessoirement le sabotage, fréquemment l’évasion de prisonniers ". Le recrutement d’un réseau s’effectue par connaissances, comme le docteur Bouchet, de Saint-Loup sur Thouet, contacté le 12 janvier 1941 par le capitaine Thomas du Service Secret de Renseignements Militaires de l’Armée. Grâce à ses relations, son laissez-passer, le docteur Bouchet recruta de nouveaux agents avant d’être arrêté en août 1943. Un autre exemple local, l’action menée par le réseau OS 680 qui sabotait la production des trains d’atterrissage de l’usine Rusz, implantée à Thouars.

 

Les progrès de la Résistance

 

 

A l’extérieur, les premiers succès

 

Les volontaires qui rejoignent l’Angleterre au cours de l’été 1940 reçoivent une formation avant d’intégrer la 1ère Division française libre. Pour ne pas apparaître comme une " légion étrangère " dans l’armée britannique, le 27 octobre 1940, de Gaulle lançait de Brazzaville un manifeste instituant le Conseil de défense de l’Empire. Le 1er mars 1941, le général Leclerc prenait Koufra et prêtait le serment de ne pas déposer les armes avant de faire flotter le drapeau tricolore sur Strasbourg. Au cours de l’été, les FFL occupent la Syrie avant de participer aux combats contre les Allemands en Afrique du Nord, s’illustrant notamment en soutenant le siège de Bir-Hakeim, résistant 15 jours aux assauts de Rommel.

 

Un contexte moins défavorable

 

L’invasion de l’URSS en juin 1941 entraîne un engagement massif des communistes dans la Résistance. Pourtant, le maréchal Pétain conserve une bonne image dans l’opinion public et même aux yeux de certains mouvements de Résistance en zone Sud. Plusieurs évènements vont le discréditer en 1942 ; l’occupation de la " zone libre " en novembre , et surtout l’instauration du STO en février 1943.

Le contexte international évolue également avec, en novembre 1942, le débarquement anglo-américain en Afrique du nord et les premières défaites allemandes à El Alamein puis à Stalingrad où Von Paulus capitule le 2 février 1943.

 

Des formes d’action multiples

 

Défendre la liberté, refuser la défaite, libérer le territoire, quelque soit la motivation, la Résistance est d’abord une lutte contre l’occupant. On pense bien sur aux actions de sabotage sur les moyens de communication, notamment les lignes téléphoniques ou les voies de chemin de fer, l’hébergement de personnes recherchées par les Allemands ou la transmission de renseignements (voir chapitre précédent). Mais la Résistance c’est aussi des actions moins spectaculaires telles que manifester son hostilité à l’occupant par des inscriptions ou des sifflets pendant la diffusion des actualités allemandes, refuser de vendre des produits agricoles aux soldats allemands, ramasser et transmettre des tracts.

 

L’organisation des mouvements

 

Le principal objectif d’un mouvement est de rallier le plus grand nombre de personnes à la Résistance. Le recrutement s’effectue de manière individuelle, par des liens familiaux, professionnels, syndicaux ou politiques. L’adhésion à un mouvement c’est avant tout l’adhésion aux idées défendues par le journal du mouvement.

En zone nord, la présence allemand suscite des réactions patriotiques qui s’expriment dans la clandestinité. On distingue ainsi l’OCM, qui recrute des cadres de l’administration ou de l’industrie, Libération à forte proportion de militants socialistes et de syndicalistes, et le Front national, directement lié au parti communiste.

En zone sud, les principaux mouvements se positionnent par leur attitude face au gouvernement de Vichy. A côté de Combat, le plus puissant et le plus structuré des mouvements de Résistance, Libération s’affirme par ses positions plus radicales voire révolutionnaires.

(voir la carte des principaux mouvements)

 

L’unification de la Résistance

 

 

La fusion des mouvements

 

Parachuté le 2 janvier 1942, Jean Moulin est chargé par le général de Gaulle d’unir les mouvements de Résistance et de créer une armée secrète unifiée. Il doit composer avec les rivalités entre les chefs de la Résistance et leur hostilité à recevoir des ordres de l’extérieur.

Le pas décisif est franchi en janvier 1943 avec la création des MUR (Mouvements unis de la résistance) en zone sud, puis le comité de coordination réalisé en zone nord par Pierre Brossolette et le colonel Passy. Face aux conflits de personnes et aux divergences entre mouvements, Jean Moulin choisit une personne neutre, le général Delestraint, pour diriger l’armée secrète.

 

Le CNR

 

A partir de 1942, s’impose la nécessité de regrouper les mouvements, les partis et les syndicats au sein d’une structure commune destinée à préparer le gouvernement du pays après la libération. Le 21 mars 1943, Jean Moulin revient en France avec la mission de former un Conseil national de la Résistance. Devant l’hostilité des chefs des mouvements qui craignent une récupération politique, on remplace les partis par " tendances politiques ", ce qui revenait au même.

La première séance du CNR, composé de 18 membres, dont huit représentants des mouvements et huit représentants des syndicats et des partis politiques, s’est tenue le 27 mai 1943 sous la présidence de Jean Moulin.

 

Du CFLN au GPRF

 

Le 3 juin 1943 est mis en place le Comité français de libération nationale (CFLN), c’est à dire le gouvernement de la France libre, qui dirige les armées françaises et exerce la souveraineté dans les territoires libérés. De Gaulle, pour l’autorité civile et le général Giraud pour l’autorité militaire, se partagent la coprésidence, mais ce dernier est rapidement évincé avant que, le 3 juin 1944, le CFLN se transforme en Gouvernement provisoire de la république française (GPRF).

Participent à ce gouvernement, installé à Alger, des représentants de la Résistance intérieure comme Frénay et d’Astier, des membres de la France libre et des personnalités politiques.

 

Les FFI

 

Par une ordonnance du CFLN datée du 1er février 1944, de Gaulle a institué les Forces françaises de l’Intérieur destinées à absorber les différentes forces militaires présentes sur le territoire français : l’Armée secrète (AS) issue de la fusion des principaux mouvements, les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) qui rassemblent des groupes paramilitaires communistes, et des membres de l’Organisation de résistance de l’Armée (ORA).

L’objectif était de donner à ces combattants, placés sous la direction du général Koenig, le statut de soldats réguliers afin de les placer sous la protection des accords internationaux, mais le port d’un brassard n’a pas toujours dissuader les Allemands de fusiller certains prisonniers.

Dans les Deux-Sèvres, les FFI sont placées sous le commandement d’Edmond Proust (Chaumette), organisateur d’un mouvement local rattaché à l’OCM.

 

La Libération

 

la Résistance a joué un rôle essentiel dans la libération de la France, non seulement par les renseignements qui ont permis la réussite du débarquement, mais encore parce que les actions de harcèlement pratiquées par les FFI ont obligé les Allemands à diviser leurs forces. Tout le Sud-Ouest fut ainsi libérée par la Résistance.

Le 6 juin 1944, un commando des FFL participe au débarquement de Normandie. Le 25 août, Paris est libérée par la 2ème DB du général Leclerc.

Deux jours plus tard, soit deux semaines après la diffusion par le général Koenig du message invitant les résistants deux-sèvriens à passer à l’action, les Allemands quittaient Niort.

 

 


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