Nous arrivons à Massoua à la tombée de la nuit. Tout le port est encombré de bateaux coulés ou sabordés : cargos, pétroliers, paquebots, etc... Je retrouve les copains et le bataillons de l'autre bout de la ville, au compo di Morte.
Le bataillon n'a pas pris part à la prise de la ville, mais la Légion en était et il s'est passé des coups formidables, montrant que les Italiens n'étaient guère combatifs. Un infirmier perdu dans la brousse a fait 200 prisonniers à lui tout seul ; 3 légionnaire avec un F.M. ont fait prisonniers tout un état major occupant le fort des abords de la ville ; et d'autres faits de ce genre.
Le climat à Massoua est chaud et lourd, genre Saïgon, j'y reste près de 3 semaines pendant lesquelles je reçois l'annonce de ma citation à Cub-Cub et ma nomination au grade de sergent-chef.
Le 5 ou 6 Mai, nous quittons Massoua et embarquons sur "Taklina", grand paquebot hindou.