| 1) 1933-1939 : période dite
« allemande »
Pour les Nazis, le travail forcé est un moyen pour punir, mais aussi et surtout « rééduquer » afin que les opposants au régime acquièrent une « conscience de race » chère à l'idéologie raciste nazie. Les prisonniers politiques et les droits commun sont mêlés tandis que les juifs en sont au début exclus. L'objectif du camp est d'être: «une institution de redressement par le travail, le sport, l’hygiène pour briser toute volonté propre et tout réflexe d’homme libre chez les détenus et les éliminer discrètement ». Dès l’hiver 1933, le travail forcé est utilisé dans les premiers camps allemands (Dachau et Orianienburg dès 1933, Buchenwald en 1937, Ravensbrück en 1939, etc….) Un travail souvent inutile et humiliant. Jusqu'à l’entrée en guerre , le travail relève donc de la brimade ou concerne souvent la création et l'entretien des camps eux-mêmes. A partir de 1937, les détenus commencent à être employés dans des travaux de cultures ou dans les entreprises de la SS, mais ils sont encore susceptibles d'être libérés. Ils ne doivent surtout rien connaître des préparatifs secrets du Reich ( production d'armement, travaux d'enfouissement des usines, ...) |
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2) Après 1939 : période dite « internationale » Avec le début du conflit, le système concentrationnaire se trouve impliqué directement dans l’économie de guerre (armement, infrastructures militaires). Dès la fin de l'année 1941 et l'échec de la guerre-éclair, Hitler déclare que "la pénurie de main-d'oeuvre devient un obstacle de plus en plus dangereux pour l'avenir de l'industrie allemande de guerre et d'armement ( ... )". Il faut donc pourvoir en main d'oeuvre l'industrie allemande. Les prisonniers doivent être utilisés au maximum dans un souci de rentabilité économique. L'occupation de l'Europe par les Allemands entraîne l’internationalisation des déportés. A partir de 1942, l'utilisation du travail forcé devient systématique à l’intérieur et à l’extérieur des camps jusqu’en 1945. L'administration des camps est alors gérée par le WVHA Wirtschafsverwaltungshauptamt ( Office central d'administration économique de la SS dirigé par le SS Pohl sous les ordres d'Himmler ). Les détenus deviennent des marchandises dont la force de travail est vendue par les SS aux entreprises allemandes : Bayer, Siemens,Krupp, IG-Farben,... Ils sont loués à la journée ou à la semaine à des industriels allemands. Le système concentrationnaire se trouve alors directement impliqué dans l'économie de guerre (armement, infrastructure militaire, ...) et générale (industries stratégiques, publiques ou privées). Les travailleurs des camps n'ont pas de "contrats" et ils ne sont pas suivis par des services d'assistance de leur pays d'origine, comme les prisonniers de guerre français ou les Français travaillant en Allemagne dans le cadre du STO. Ils sont réduits en esclavage ! On observe donc dans ces camps une très forte mortalité : au 2e trimestre 1942, sur 95000 détenus, 52603 meurent, et 60% de plus en trois mois. |
Conclusion
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Avec l’invasion de la Pologne par les Soviétiques, l’évacuation des camps paralyse les transports et contribue à détraquer le système concentrationnaire en gonflant les effectifs des camps et kommandos à l’Ouest où les conditions sanitaires se dégradent. C’est l’accélération d’une mortalité déjà galopante. A partir d’avril 1945, les camps commencent à être libéré par les Alliés. L'expérience du travail concentrationnaire dans les camps nazis aura été un déni absolu aux Droits de l'Homme les plus élémentaires. Rappelons-nous quelques extraits de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 : · Article 3 "Tout individu à droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne." · Article 4 "Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ..." · Article 5 "Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants." |