Le camp de Dora
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Situé près de la ville de Nordhausen (carte), Dora est le nom de code donné, à la fin d’août 1943, à un kommando de détenus du camp de Buchenwald envoyé pour aménager une usine souterraine sous la colline du Kohnstein, au sud du massif du Harz. Pour un ensemble concentrationnaire dont la taille était de l’ordre de 40000 détenus, les pertes humaines, en un peu plus de vingt mois, auront été de quelque 26500 victimes, 15500 dans le camp ou les transports, et 11000 au moment des évacuations. Le but du camp était double. D'une part, à cause des bombardements qui avaient détruit leurs meilleures bases d'armement, notamment celle de Peenemunde, regrouper une série d'usines et d'ateliers pour y fabriquer les armes secrètes V1 et V2 dont les nazis attendaient un renversement de la situation militaire. D'autre part, utiliser une main d'œuvre concentrationnaire bon marché, qu'il serait facile de réduire au silence en l'exterminant, afin de garder le secret. Le premier convoi arriva de Buchenwald dans les premiers jours de septembre 1943. Il fut rapidement suivi de beaucoup d'autres. Ainsi naquit le camp de Dora. Le camp en lui-même fut construit près de l'entrée du tunnel où les détenus furent entassés. Leur effectif s'éleva jusqu'à 28.000 à partir de l'été 1944. Avec l’invasion de la Pologne par les Soviétiques, l’évacuation des camps paralyse les transports et contribue à détraquer le système concentrationnaire en gonflant les effectifs des camps et kommandos à l’Ouest où les conditions sanitaires se dégradent. C’est l’accélération d’une mortalité déjà galopante. A partir du 1er avril 1945, à l'approche des Alliés, les S.S. entreprirent l'évacuation de Dora et des kommandos de Mittelbau en direction du nord, notamment vers Bergen-Belsen où beaucoup périrent. D'autres connurent une mort atroce dans la grange de Gardelegen et sur les routes. |
Exploitation de deux témoignages :
Technicien PTT à Troyes dans l'Aube, il est arrêté en 1943 par la Gestapo pour résistance (renseignements pour Londres sur la base aérienne de Saint-Dizier). Il arrive à Dora en janvier 1944 où il décrit de façon très précise l’univers concentrationnaire dans le tunnel de Dora.
Il est affecté au central téléphonique du tunnel dans le kommando KDH où il travaille à l’entretien des appareils de télécommunication. Il évoque ses conditions de vie difficiles. Des journées de travail de 12h avec 30 minutes de pause à midi. Malgré ces conditions pénibles, il réussi à détourner du matériel et à fabriquer une radio afin d’écouter radio Londres. Il survit ainsi jusqu’au mois d’avril 1945, date d’évacuation du camp.
Le 12 mai 1945 c’est le retour en France. Comme les autres déportés il est accueilli à l’hôtel Lutétia à Paris. Selon lui près de 60000 détenus passèrent à Dora entre le mois d’août 1943 et le mois de mars 1945. 9000 Français dont 4800 morts.
Viticulteur à Tourtenay dans les Deux-Sèvres, il est arrêté en août 1943 quelques jours après son père par la Gestapo pour acte de résistance (cache d'armes parachutées par Londres). Après avoir séjourné à la prison de Poitiers et être passé par le camp de transit de Compiègne, il arrive à Buchenwald le 24 janvier 1944 où il reste jusqu'au 10 novembre 1944, date de son départ pour Dora.
10 novembre 1944 c'est l'arrivée au camp de Dora où il est d'abord affecté au kommando très difficile qu'est le transport-colonne dont le but est l'acheminement du matériel dans le tunnel. A la suite dune méprise de la part d'un kapo dont il est victime, il change de kommando et devient "magasinier" au Hall 21 où son quotidien devient moins pénible. Ce kommando lui donne l'occasion de mieux connaître le tunnel de Dora.
Les 3, 4 et 5 avril, c'est l'évacuation du camp et le début d'un long périple avant de retrouver le sol français et l'arrivée à Paris dans la nuit du 7 au 8 mai 1945, date de la capitulation allemande.
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L’exploitation de ces témoignages peut permettre aux élèves de mieux comprendre le système concentrationnaire à travers l’exemple de Dora.
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