Enfin libre ! Exclamation présente sur de nombreuses lèvres en cet automne 1944.

           Echelonnée dans le temps, au gré de l'avancée des troupes inter-alliées, la Libération s'accompagne de scènes de liesse populaire. Les sentiments s'entremêlent. A la joie succèdent bien souvent douleur et colère nourries de l'illusion d'un retour rapide à la normale, de l'expression des rancœurs contenues pendant ces quatre années d'Occupation, de l'absence d'un proche prisonniers de guerre ou déporté en Allemagne, de la poursuite des combats dans les poches comme la poche de La Rochelle ou de Saint-Nazaire jusqu'à la capitulation allemande le 8 mai 1945.

            Une société à reconstruire !

            Les bases sont jetées dans la clandestinité par le Comité Français de Libération Nationale puis le Gouvernement Provisoire de la République Française et par la voie du Conseil National de la Résistance qui édicte, le 15 mars 1944, un programme d'actions à mettre en œuvre à la Libération.

             Réduits au silence pendant ces quatre années, les partis politiques s'expriment de nouveau. Les élections municipales du 13 mai 1945, premières élections de l'après-guerre, affirme le retour de la légalité républicaine. 

            Par la voie des urnes, en 1946, les institutions provisoires (au niveau national) cèdent la place à la IVème République et aux nouvelles institutions. Les élections confirment les partis politiques issus de la Résistance ou renouvelés par elle.

            1947 marque une rupture dans cette ère du renouveau. Les stigmates de la guerre sont toujours présents. L'inflation est galopante. Les grèves des ouvriers se multiplient pour dénoncer ces difficultés. Au delà des frontières, le règlement du conflit bouleverse la géopolitique mondiale : c'est le début de la guerre froide et d'un monde bipolaire. Cette nouvelle donne conditionnera pendant la seconde moitié du XXème siècle l'état du monde.