Année charnière, 1943 marque un tournant. La perception de l'avenir se modifie. L'image de Sauveur qu'incarne le maréchal Pétain se ternie.

La pénurie alimentaire, le système D comme principe de survie, la libération toujours reportée des prisonniers de guerre et l'absence de réaction du gouvernement français lors de l'entrée des troupes allemandes le 11 novembre 1942 en zone non-occupée en riposte au débarquement des Alliés en Afrique du Nord, plongent l'opinion française dans le scepticisme.

L'antisémitisme d'Etat pratiqué par le régime de Vichy et l’occupant, le retour de Pierre Laval au pouvoir en qualité de chef du gouvernement en avril 1942, qui ira jusqu'à prononcer qu'il "souhaite la victoire de l'Allemagne car sinon le bolchevisme s'installera partout", la création de la "milice française" et l’institution du Service du Travail Obligatoire accentuent ce mouvement.

La rupture entre les Français et le régime de Vichy est initiée.

Sur tous les fronts les puissances de l'Axe perdent du terrain à la fin de l'année 1942. La progression des Alliés est rapide. Au lendemain de la victoire des Forces Françaises Libres du général Koenig à Bir Hakeim, les Alliés infligent une défaite décisive à l'armée de Rommel devant El-Alamein, et débarquent en Afrique du Nord en novembre 1942. Sur le front de l'est, les colonnes allemandes sont assiégées dans Stalingrad. Ces revers militaires soulèvent d'immenses espoirs à l'intérieur et forgent l'idée que la Wehrmacht n'est pas invincible.

L'espoir renaît.