Au début du conflit,
larmée française ne comptait guère plus dune centaine dappareils, une
dizaine de dirigeables et quatre compagnies de ballons dobservation
captifs. Aux différents types daéronefs était dévolue une seule et même
mission, lobservation.
Les dirigeables
sétaient montrés vulnérables au feu des troupes terrestres. Leurs missions de
reconnaissance de jour durent donc être abandonnées. Effectués de nuit, ces vols de reconnaissance furent donc complétés par des
opérations de bombardement. Au total, en février 1917, les dirigeables français avaient
effectué 63 sorties et 6 des 10 appareils initiaux furent détruits. Les 4 derniers
appareils furent confiés à la Marine qui les utilisa pour des missions mieux adaptées
comme la lutte anti-sous-marine.
Les ballons captifs
devinrent des outils indispensables. Quatre compagnies
existaient au début de la guerre, leur nombre ayant été réduit avant le conflit par le
haut commandement convaincu de leur inutilité dans une guerre de mouvement. Face au
front immobilisé, il fallut renforcer les effectifs. Ainsi dix compagnies, soit trente
ballons, allèrent au combat dès octobre 1914. Au cours de la guerre, les effectifs
montèrent jusqu'à soixante quinze compagnies, soit au total deux
cent quinze ballons. De même la qualité du matériel fut
améliorée grâce aux travaux du capitaine Saconney et du capitaine Caquot. Les
études menées aboutirent à la création dun ballon dobservation possédant
une stabilité accrue.
Nieuport
16 armé avec des fusées Le Prieur pour l'attaque des ballons d'observation
(droits photographiques S.H.A.A.) |
Reliés par téléphone
aux batteries dont ils dirigeaient les tirs, puis, à partir de septembre 1915 aux états
majors, les aérostiers apportèrent au commandement des informations
homogènes et permanentes. Ainsi les ballons devinrent les cibles prioritaires de
lartillerie et de laviation. Pour pourvoir aux besoins, la production
mensuelle passa ainsi de 7 ballons captifs en janvier 1915 à 30 en janvier 1917 pour
finir à 319 en août 1918. Cependant le champ daction dinvestigation des
ballons était limité à quelques kilomètres à larrière des lignes ennemies ne
pouvant fournir que quelques données au commandement.
Les recherches furent alors
complétées par laction de laviation, seule capable détendre le champ
dobservation mais aussi dintervenir dans la bataille. |