4. Les chants patriotiques et les poèmes On trouva beaucoup de chants patriotiques à la gloire de las et vecteurs du mythe. Parmi l'abondante production de chants patriotiques, on releva un Salut à Guynemer, l'aviateur au cur fier, ou encore une marche triomphale intitulée Nach Verdun. Nach Verdun. Dans les mois qui suivirent la mort du héros, sonnets et autres textes poétiques fleurirent dans la presse, nationale, locale, comme internationale. Ce mouvement culmina dans le concours poétique organisé par l'Eclaireur de Nice au début de 1918. Dans le sonnet de Fernand Henry, lauréat de l'Académie française, qui reçut le premier prix, Guynemer prit les traits d'un héros antique.
Les lecteurs anonymes de la presse ne furent pas seuls à puiser leur inspiration dans l'exemple de Guynemer, des auteurs confirmés le chantèrent également. Le premier d'entre eux Edmond Rostand puis Maurice Rostand, son fils, qui développa l'idée de " l'archange " en publiant le 20 novembre Le Vieillard et l'archange, Rodin et Guynemer furent les protagonistes de ce poème. Ce fut toujours Edmond Rostand qui préfaça en 1929 un recueil de poèmes sous un titre évocateur, Les Aigles. Dans Les Aigles, il sagissait de tous ces pilotes de la Grande Guerre, qui reçurent là un hommage collectif et individuel, parmi ceux-ci Guynemer. Ces poèmes reprirent et rassemblèrent les mêmes clichés : oiseau de proie, héros antique ou tragique, chevalier, ange ou martyr. Dans l'entre-deux-guerres nul ne put ignorer les exploits de l'aviateur et son image fut familière à chacun, en France ou ailleurs. Toutefois ces portraits inspirés de la vie de Guynemer ne varièrent guère, les mêmes clichés revinrent sans cesse. Guynemer demeura également, après la Libération, le héros français par excellence, ainsi dès mai 1945, une grande cérémonie fut organisée à sa mémoire. |