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Le mythe de " l’As "


 

Guynemer qui raconta ses combats aériens avec une certaine gaieté juvénile, insista sur sa férocité envers l’Allemand. Il fut animé par le désir ardent d’obtenir le meilleur score, un peu comme dans une compétition sportive. Tous les anciens pilotes parlèrent de cette " chasse aux scores " qui, selon eux pervertit le combat aérien, ajoutant d’ailleurs que la faute en revenait aux fameux communiqués du Grand Quartier Général, qui obligeait les as et les autres à se dépasser sans cesse.

 


Le mythe de l’aviateur-héros fut également développé au sein de l’armée puisque les as eurent une fonction pédagogique. Les as et les pilotes chevronnés prirent sous leurs ailes les jeunes pilotes pour leur enseigner leur savoir. A l’instar des autres as, Guynemer fut brave mais pas téméraire, une formule qu’il répéta volontiers aux nouveaux venus à l’escadrille. Il n’était pas invincible et il le savait, il fut d’ailleurs abattu sept fois.

Guynemer ne fut pas non plus acrobate, il qualifia lui-même sa méthode de classique : " Je pratique le vol classique, et n’ai recours aux acrobaties qu’en dernier ressort. Je reste accroché à mon rival et quand je le tiens, je ne le laisse pas filer.

Guynemer était conscient qu’il n’était pas invincible et prenait toujours grand soin de son matériel. D’ailleurs tous les pilotes furent d’excellents techniciens aéronautiques. Tous savaient comment fonctionnaient leurs machines détectaient, au moindre bruit suspect, les problèmes techniques. Ce fut ainsi que Guynemer apporta la plus extrême minutie à la vérification de son appareil, de son armement et au réglage de ses mitrailleuses. Méticuleux, il ne laissa personne s’occuper de ses armes et de ses munitions, l’as n’accorda que très peu de place au hasard.

 

 


Conclusion du Mythe

 

A force de ne voir que les côtés chevaleresques du pilote de chasse, l’opinion en avait presque oublié l’horreur de la guerre aérienne. Pulvérisé en plein ciel, brûlé vif dans son avion en flammes, précipité sans parachute depuis plusieurs milliers de mètres, tous les aviateurs, Guynemer compris, savaient ce que serait leur mort s’ils rencontraient un adversaire plus fort ou plus chanceux.

 


François Pernot. Extrait du catalogue d'exposition  Guynemer " Un mythe, une Histoire " publié par le Service Historique de l'Armée de l'Air en 1997


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