La découverte des possibilités de laviation mit
rapidement en lumière lenjeu quelle constituait pour la bataille terrestre.
Les combats aériens de la première année du conflit nétaient que des
affrontements individuels et épisodiques. Cependant des escadrilles se spécialisèrent
dans ce type daction comme la MS 23 de Roland Garros.
Lannée 1915 vit
lapparition des chasseurs monoplaces
armés dune mitrailleuse fixe dirigée par la seule manoeuvre de lappareil.
Les développements de technique darmement telle que la synchronisation
de larme et de lhélice permirent aux pilotes daméliorer leurs
performances au combat. Cependant le nombre très faible dappareils spécialisés
empêchait aux combats de revêtir une importance tactique manifeste pour les états
majors.
Ce fut à Verdun
que sopéra le véritable tournant de la guerre aérienne. Le général Falkhenhayn,
chef détat major des armées allemandes, concentra 270 appareils de combat sur le
secteur de Verdun. Précédant lattaque des forces terrestres, les chasseurs
allemands anéantirent les quelques appareils de protection français. Lartillerie
française fut alors muselée et le commandement privé dinformations, en réaction
Joffre organisa avec De Rose un rassemblement descadrilles de Morane et de Nieuport
sur le secteur de Bar-le-Duc-Verdun. Parallèlement à cette concentration des forces, des
méthodes de combat nouvelles furent
expérimentées comme les patrouilles de quatre ou cinq appareils
ou loccupation permanente du ciel.
On prit en compte les enseignements tirés de cette crise. Les
principes de concentration et de vol en patrouilles avaient
démontré leur valeur, la maîtrise de lair était désormais reconnue. Ainsi en
juillet 1916, loffensive de la somme fut-elle précédée dune attaque des
forces aériennes françaises et britanniques. Elles se rendirent maîtresses du ciel
grâce, en particulier, aux victoires remportées par les escadrilles sur le terrain de
Cachy parmi lesquelles figuraient les fameuse " Cigognes ".
En avril 1917, lors de
loffensive sur lAisne, la logique de supériorité aérienne fut toutefois
poussée jusqu'à ses extrêmes entraînant des conséquences désastreuses. Le Grand
Quartier général avait établi des objectifs trop ambitieux :
" La victoire
aérienne doit précéder la victoire terrestre. (...) Il faut aller chercher la victoire
chez lennemi et le détruire." Mais ces missions offensives se soldèrent
par des échecs, la chasse allemande refusa le combat attirant la chasse française loin
de ses bombardiers. Ceux-ci, alors sans protection, furent attaqués et subirent de
lourdes pertes.
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