titre.GIF (9485 octets)

La supériorité aérienne : reconnaissance d’une donnée vitale


 

La découverte des possibilités de l’aviation mit rapidement en lumière l’enjeu qu’elle constituait pour la bataille terrestre. Les combats aériens de la première année du conflit n’étaient que des affrontements individuels et épisodiques. Cependant des escadrilles se spécialisèrent dans ce type d’action comme la MS 23 de Roland Garros.


L’année 1915 vit l’apparition des chasseurs monoplaces armés d’une mitrailleuse fixe dirigée par la seule manoeuvre de l’appareil. Les développements de technique d’armement telle que la synchronisation de l’arme et de l’hélice permirent aux pilotes d’améliorer leurs performances au combat. Cependant le nombre très faible d’appareils spécialisés empêchait aux combats de revêtir une importance tactique manifeste pour les états majors.


Ce fut à Verdun que s’opéra le véritable tournant de la guerre aérienne. Le général Falkhenhayn, chef d’état major des armées allemandes, concentra 270 appareils de combat sur le secteur de Verdun. Précédant l’attaque des forces terrestres, les chasseurs allemands anéantirent les quelques appareils de protection français. L’artillerie française fut alors muselée et le commandement privé d’informations, en réaction Joffre organisa avec De Rose un rassemblement d’escadrilles de Morane et de Nieuport sur le secteur de Bar-le-Duc-Verdun. Parallèlement à cette concentration des forces, des méthodes de combat nouvelles furent expérimentées comme les patrouilles de quatre ou cinq appareils ou l’occupation permanente du ciel.


On prit en compte les enseignements tirés de cette crise. Les principes de concentration et de vol en patrouilles avaient démontré leur valeur, la maîtrise de l’air était désormais reconnue. Ainsi en juillet 1916, l’offensive de la somme fut-elle précédée d’une attaque des forces aériennes françaises et britanniques. Elles se rendirent maîtresses du ciel grâce, en particulier, aux victoires remportées par les escadrilles sur le terrain de Cachy parmi lesquelles figuraient les fameuse " Cigognes ".

En avril 1917, lors de l’offensive sur l’Aisne, la logique de supériorité aérienne fut toutefois poussée jusqu'à ses extrêmes entraînant des conséquences désastreuses. Le Grand Quartier général avait établi des objectifs trop ambitieux :

" La victoire aérienne doit précéder la victoire terrestre. (...) Il faut aller chercher la victoire chez l’ennemi et le détruire." Mais ces missions offensives se soldèrent par des échecs, la chasse allemande refusa le combat attirant la chasse française loin de ses bombardiers. Ceux-ci, alors sans protection, furent attaqués et subirent de lourdes pertes.


[précédent][retour][suite]