ZonE NON-OCCUPÉE
Combat  Libération-Sud Franc-Tireur

 

Combat

Dès le mois d’août 1940, le capitaine Frénay envisage de créer une organisation clandestine baptisée " Mouvement de libération nationale ". Il commence par contrer la propagande allemande en diffusant des feuilles clandestines.

Avec l’aide de Bertie Albrecht, recrutée en décembre 1940, les " Petites ailes de France " deviennent " Combat " en décembre 1941 et expriment l’évolution du mouvement, d’abord favorable à la politique de Vichy dont Frénay approuve les réformes. Mais au printemps 1942, sous l’influence de Claude Bourdet, intellectuels de gauche, ou Bertie Albrecht ou Marcel Degliame, syndicaliste CGT qui représentera le mouvement au CNR, Combat dénonce la révolution nationale et exprime son soutien à de Gaulle.

L’objectif de Frénay est de faire fusionner les éléments militaires de tous les mouvements pour former une " armée secrète " destinée à prendre le pouvoir, mais ce projet se heurte aux projets de la France libre soucieuse d’intégrer les mouvements dans le CNR.

 

Libération-Sud

Le mouvement est né au printemps 1941, de la rencontre entre Emmanuel d’Astier de la Vigerie, aristocrate issu de l’extrême droite, et Jean Cavaillès, professeur de philosophie, et Lucie Samuel, qui ne s’appelle pas encore Aubrac. Malgré l’absence de structures organisées, le mouvement se singularise par ses positions radicales à l’égard de Vichy dont la politique est alors acceptée par les autres mouvements de la zone sud.

Libération recrute ses militants dans les milieux syndicaux et socialistes, et passe en août 1941, des accords avec Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT, qui incite ses militants à rejoindre le mouvement en échange d’une place au comité directeur du journal Libération. Le mouvement est alors dirigé par de nombreux socialistes comme André Philip qui devient l’adjoint de Passy au BCRA. Cet engagement politique provoque un conflit entre d’Astier et Frénay, chef de Combat, et conduit de Gaulle à envoyer Jean Moulin pour unifier ces deux grands mouvements.

 

Franc-Tireur

Dès novembre 1940, se constitue à Lyon une petite équipe de résistants issus des milieux radicaux. Autour de l’entrepreneur Elie Peju et du conseiller municipal Auguste Pinton, le groupe se réunit au café de la poste, diffuse des tracts, et prend le nom de France Liberté.

L’arrivée de Jean Pierre Lévy, réfugié d’Alsace, donne au mouvement une autre dimension. Avec le concours de journalistes issus du Progrès de Lyon, Lévy, aidé par Eugène Claudius Petit, publie le journal Franc-Tireur à partir de novembre 1941. Le mouvement recrute dans les milieux socialistes et syndicaux et crée des groupes francs, dirigés par Serge Ravanel, dont les premières actions de sabotage sont organisées en novembre 1942.

En 1943, Franc-Tireur joue les bons offices dans le conflit opposant Frénay et d’Astier, et Lévy représente son mouvement au CNR.

 

L’OCM

Le nom  " Organisation Civile et Militaire " exprime la diversité des groupes associés dans ce mouvement, principalement celui de " La rue de Logenbach ", dirigé par l’industriel Jean Arthuys, et la Confédération des travailleurs intellectuels animée par Maxime Blocq-Mascart. Avec un recrutement dans les milieux de la bourgeoisie, de l’industrie et des anciens combattants, l’OCM fait figure de mouvement conservateur.

Organisé comme un état-major militaire, l’OCM est décapité en décembre 1941 par l’arrestation d’Arthuys ; son successeur, le colonel Touny, jusque là responsable du 2ème Bureau de renseignement, donne une autre dimension au mouvement qui figure au premier rang du Comité de coordination créé par Pierre Brossolette.

Ce dernier met l’OCM entre en relations avec le colonel Rémy, animateur du réseau Confrérie Notre-Dame, lié au BCRA de Passy. Touny organise alors le réseau Centurie, chargé d’établir le lien entre l’OCM et la CND qui dispose ainsi d’informateurs dans toute la zone occupée.

 

Libération-Nord

Le mouvement Libération-Nord se compose essentiellement de syndicalistes de la CGT comme Henri Ribière et Louis Saillant Saillant, ou de la CFTC, comme Jean Texcier, qui dès le 14 juillet 1940 rédige ses Conseils à l’occupé. Il s’est constitué en décembre 1940 autour de l’hebdomadaire clandestin Libération publié par Christian Pineau, secrétaire de la CGT. Le journal tire à 50 000 exemplaires et paraît sans interruption jusqu’à la libération. Libération publie également le Manifeste du syndicalisme français qui récuse la Charte du travail de Vichy.

Sur les conseils de Pierre Brossolette, Pineau fut le premier responsable de mouvement à rencontrer de Gaulle à Londres. Il développe alors le renseignement pour le BCRA du colonel Passy, mais la propagande reste l’activité essentielle du mouvement qui n’a, en revanche, une action militaire réduite, faute d’armement. Les militants de la section " action " rejoignent l’Armée secrète du général Delestraint lors de la mise en place d’un état-major de la zone occupée (EMZO).

 

CDLR

Le mouvement Ceux De La Résistance est issu du mouvement Combat-Nord implanté en zone occupée par Frénay soucieux d’unifier l’ensemble de la Résistance. L’arrestation sur trahison de plusieurs membres en février 1942 réduisent deux années d’effort à néant, laissant Jacques Lecompte-Boinet isolé. Il essaye dans un premier temps de reconstituer le mouvement mais quitte Combat dont il n’apprécie pas les enjeux politiques alors qu’il souhaite bannir ces débats de la Résistance.

Au début de 1943, il crée CDLR avec l’aide d’un étudiant en droit, Pierre Arrighi, et Jean de Voguë, envoyé par Frénay malgré leur rupture. Le mouvement se répand dans la région parisienne, en Normandie, en Champagne et jusqu’en Lorraine, sur la base de petits groupes de moins de 10 personnes. Sur les conseils de Brossolette, le mouvement sépare son service " action ", dirigé par Arrighi, de son service de renseignement confié à Voguë, tandis que Lecompte-Boinet représente CDLR au CNR avant de siéger au gouvernement provisoire.

 

Front National

Le Front National fut crée en mai 1941 par le parti communiste français dont la position était demeurée ambiguë avant l’invasion de l’URSS par l’armée allemande, mais il était désavoué par de nombreux militants entrés spontanément dans la Résistance.

Le choix du nom correspond à la volonté des dirigeants de coiffer toute la Résistance. Ils s’efforcent de pénétrer l’ensemble de la société comme par exemple le monde intellectuel avec la création du Comité National des Ecrivains. Mais derrière l’apparent œcuménisme, les communistes occupent tous les postes à responsabilité.

Présent en zone sud autour de Georges Marane, le mouvement fut surtout important en zone nord sous la direction de Pierre Villon. Le FN crée une structure militaire, les Francs-Tireurs et Partisans, qui s’engage dans une guerre de harcèlement, provoquant d’importantes représailles allemandes. Refusant d’obéir à de Gaulle qui interdit les attentats contre l’occupant, le Front National s’est toujours placé à l’écart des autres mouvements, mais put siéger au CNR.