Résistance allemande au nazisme

au cours de la période 1933-1939 :

 

cuber.gif (250 octets) Cette partie de 1933 à 1939, montre ce qu’est le régime : un régime totalitaire qui dès le départ interdit syndicats, partis politiques, et met au point un régime d’exception. On peut voir la photo célèbre de communiste que l’on accuse de l’incendie du Reichtag le 27 février 1933 et dont on sait maintenant qu’il avait été orchestré par les nazis eux-mêmes pour discréditer le Parti Communiste.

Compte tenu de ce qu’est le régime nazi, et je vous renvois à " Mein Kampf ", les systèmes fondés sur les principes de la race aryenne sont mises en place avec toute une série de mesures contre les juifs et on voit toute une série de panneaux que je ne vous traduirais pas de l’allemand car ce sont des termes que la pudeur m’interdit de vous rappeler.

Je dois vous dire aussi que lorsque nous avons travaillé avec les historiens allemands, sur le terme " Nuit de Cristal ", c’est à dire la nuit du 7 au 8 novembre 1938  (un pogrom contre les juifs, contre les magasins, que nous avons retenu comme tel dans notre mémoire, dans notre histoire en France), des problèmes de traduction se sont posés. " Nuit de Cristal " est un terme que les allemands n’aiment pas employer. En effet, c’est un terme employé par les nazis, pour symboliser cette opération " coup de main " qui est du reste effectivement très imagée, mais en travaillant avec les historiens allemands, on a réussit à leur faire comprendre que pour une compréhension et une présentation en France, il était bon de le retenir.

 

cuber.gif (250 octets) Les oppositions et les résistances jusqu’en 1939, (c’est ce que l’on voit sur les panneaux 9 à 20), montrent que l’opposition a touché toutes les couches sociales de la population et évidemment les militants du Parti Communiste, le KPD, ou les sociaux-démocrates aussi bien que l’aile gauche des sociaux-démocrates c’est à dire le parti socialiste des travailleurs allemands, qui sont entrés immédiatement en opposition, soit sur place sur le terrain, soit dans l’exil.

Oslo, Prague, Paris, Stockholm, ont été les points de prédilections de ces opposants nazis pour poursuivre leur combat. J’ouvre une parenthèse sur les premiers camps de concentration Dachau, Oranienburg, ont été ouvert pour les opposants nazis, et ainsi un des opposants du Parti communiste allemand, Ernst Thälmann, a été immédiatement déporté. Il faut aussi avoir à l’esprit qu’il y a des opposants allemands, des opposants politiques, qui ont vécu, les 12 ans du régime nazi dans des camps de concentration.

Bon nombre d’intellectuels allemands : Heinrich Mann, le frère de Thomas Mann, Walter Benjamin, Bertold Brecht ont essayé de faire quelques choses en opposition et ils ont en 1936 lancé un appel, " le front défense " depuis le Lutécia. Et dans un journal, qu’on voit en bas " Die Rote Fahne " (le drapeau rouge) vous y découvrirez les signataires de cet appel qui avait pour objectif de faire un front de défense uni dans l’exil.

En réalité les difficultés politiques compte tenu de la montée des périls sont énormes et les oppositions au sein même de l’opposition antinazie c’est à dire entre communistes et sociaux démocrates sont insurmontables, si bien que cette belle initiative est sans lendemain.

Tout à l’heure, je vous inviterai à regarder les signataires et vous verrez parmi eux Willy Brandt de son vrai nom Herbert Franz qui faisait partie de l’aile gauche du parti social démocrate et dont on lui demanda de prendre la tête à Oslo. Il est revenu à Berlin en 1936, non sans témérité compte tenu des risques puisque le système de répression était tout à fait terrible, reposant sur la délation (la dictature nazie s’est faite avec le concours d’une immense majorité de gens) et c’était une difficulté. Herbert Franz changea donc d’identité, il prit la nationalité norvégienne et c’est sous les couleurs norvégiennes qu’il a combattu au début de la seconde guerre mondiale.

Donc tentative avortée, il faut préciser maintenant, que les intellectuels opposants allemands au début ont été nombreux à fuir le régime nazi. On estime jusqu’en 1939 à 500.000 allemands à avoir fuit l’Allemagne, dont 55.000 en France.

 

cuber.gif (250 octets) Il y a environ un millier d’Allemands qui ont combattu au sein de la Résistance française. Mais on ne peut aller au delà au niveau des chiffres. On ne peut donner aucun chiffre de l’ensemble de ces victimes dans les camps de concentration et des assassinats .

Sachez qu’en France ils ont bénéficié d’un statut d’hôtes privilégiés jusqu'à la déclaration de guerre en 1939. Compte tenu du nombre d’opposants antinazis de gauche, compte tenu aussi de la signature du pacte germano-soviétique, dès la déclaration de guerre le 03 septembre 1939, on les a transférés dans des camps dont certains sont célèbres : le camp des Milles, camp de Gurs pour les femmes .

 

cuber.gif (250 octets) Je vous indiquais que les oppositions touchaient toutes les couches de la population, nous sommes devant un panneau qui concerne les officiers allemands en 1938, il faut savoir que le chef d’état major des armées le général Beck était opposé à Hitler sur le plan d’invasion de la Tchécoslovaquie, il a été mis prématurément à la retraite. Il faut aussi faire observer, les choses étant complexes, qu’il n’était pas antinazi, il désapprouve les plans stratégiques d’Hitler, il trouve que cela n’est pas réaliste et que ce n’est pas le moment car il pense que l’armée allemande n’est pas prête. Cela étant retenez son nom car l’évolution de la guerre aidant il va faire parti des conjurés de la grande opération  " Walkyrie " contre Hitler le 20 juillet 1944.

Alors la situation est assez complexe car jusqu’en 1939 être opposant est déjà une difficulté mais elle devient plus grande après l’entrée en guerre de l’Allemagne . En effet être opposant au régime cela suppose pour la plupart des Allemands et c’est la raison d’un drame supplémentaire, être considéré comme des traîtres à la patrie. De plus pour eux même se pose un problème de conscience qui n’est pas facile, ce qui explique que ces oppositions et ces résistances ont vécu dans des conditions d’extrême drame et qu’à aucun moment, à la différence des résistances en France en Yougoslavie et dans d’autres pays, jamais la résistance allemande n’a bénéficié d’un quelconque soutien de l’étranger.

J’anticipe sur la suite pour vous dire que le drame de cette résistance vivra jusqu’au bout puisque la première grande conférence alliée qui se tient à Enfa du 14 au 23 janvier 1943, la première clause prise par Roosevelt et Churchill est la capitulation sans condition de l’Allemagne, et cela implique qu’il n’y aura aucun accord passé avec quelconque résistance allemande.

 

cuber.gif (250 octets) Sur ces différents panneaux on voit la résistance dans les milieux ouvriers mais également au niveau des Eglises. Au début, l’Eglise luthérienne, majoritaire en Allemagne, et l’Eglise catholique ont vécu d’une adaptation au nazisme. Elles ont aussi vécu parce qu’Hitler a su les flatter, il y a eu la conclusion du concordat pour l’Eglise Catholique en 1933. Au fond et assez vite les grands responsables ont eu du mal à vivre avec à la fois l’oppression du régime et sa nature. Là il y a par exemple l’évêque de Münster : Clemens Von Galen qui à partir de 1939 lorsqu’Hitler décide l’extermination des malades mentaux, n’hésite pas lors des sermons à protester publiquement contre cette opération. Du reste cela ne sera pas sans répercutions favorables puisqu’en 1941, l’opération sera arrêtée pour les adultes mais pas pour les enfants. D’autres personnalités du monde luthérien pourraient être citées, il y a Dietrich Bonhoeffer qui est pasteur et qui a travaillé au sein des services de l’abwehr, les services de renseignements des allemands, couvert curieusement mais on le sait sur le plan historique par l’amiral Canaris qui a fournit des renseignements extérieurs. C’est au sein de l’Abwehr qu’on a fournit en 1940 des renseignements précis sur l’attaque allemande sur le front de l’Ouest mais on n’a pas exploité le renseignement.

 


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