Déclaration du gouvernement

Ludwig Beck

Carl Friedrich Goerdeler

Projet Eté 1944

Au total 12 articles

 

1/ Notre tâche première réside dans l’établissement de l’absolue primauté du droit. (...)

Aucune communauté d’êtres humains ne peut exister en l’absence du droit. (....).

Chacun, dans sa vie, connaît des moments où il réclame le respect du droit. (...). Dieu a fait apparaître la nécessité du droit et de son application équitable et impartiale. (...). Pour cela, il faut en revenir à l’ancien statut d’indépendance des magistrats. (...). Le droit doit être épuré.

Le droit sera appliqué envers toute personne qui l’aura violé. (...). La sécurité de l’individu et de la propriété sera de nouveau protégé contre l’arbitraire. (...). Les camps de concentration seront dissous, les innocents relâchés et les coupables soumis à une procédure de droit commun. Mais nous exigeons également que personne n’ait recours à la justice sommaire.

2/ Nous voulons rétablir la morale dans tous les domaines de la vie privée et de la vie publique.(...). la corruption a été nourrie par les plus hauts et les plus hauts dignitaires (...) tout bien acquis de façon malhonnête sera confisqué et rendu aux personnes qui ont été dépossédées.

Les affectations spéciales pour raisons politiques sont supprimées. (...). Pour garantir le droit et la morale, il faut traiter tous les hommes avec décence. Il sera mis un terme immédiat à la persécution des Juifs.(...)

Refaire de la famille la cellule de base de la communauté nationale (...). Pour y parvenir, il a besoin de l’aide des parents, de la force de la religion et du concours de toutes les Eglises. (...).

Le salut de notre peuple réside dans le retour à l’intégrité de la famille.

Nous ne voulons pas que notre peuple soit divisé (...), la réconciliation à l’intérieur de notre peuple, (...), nous restons unis dans le droit et la morale.

3 / Nous lutterons contre le mensonge. (...) Notre peuple a été dupé (...) c’est pourquoi nous ferons tout ce qui est nécessaire pour que cette honnêteté soit respectée dans l’information du peuple (...), nous supprimerons tout ce qui a trait à la propagande gratuite.

4 / La liberté intellectuelle ainsi que la liberté de conscience, la liberté religieuse et la liberté d’opinion qui ont été bafouées seront rétablies.

Les Eglises retrouveront le droit d’exercer librement, (...) elles seront séparées de l’Etat. (...). La pensée chrétienne inspirera l’Etat dans ses paroles, et ses actes (...). Mais être un vrai chrétien signifie également faire preuve de tolérance envers les autres croyances, et même envers chaque libre penseur.

La presse doit redevenir libre.

5 / C’est surtout la jeunesse allemande qui réclame la sérénité. (...) car la jeunesse et son éducation sont l’une de nos préoccupations essentielles. La responsabilité de l’éducation sera confiée en premier lieu aux parents. L’école doit semer chez l’enfant, avec simplicité, loyauté, et assurance, les graines du savoir élémentaire. L’éducation doit redevenir des plus générale possible et englober le cœur et la raison. (...). L’éducation et l’enseignement pourront ensuite être dispensés (...) sur cette base dans le calme et la continuité.

6 / Il convient de réorganiser l’administration. (...) Notre administration, s’est transformée en un tas de machines qui travaillent sans buts utile. (...). Le fonctionnaire doit devenir un exemple à suivre dans l’ensemble de sa vie professionnelle et privée.(...). Toutes les nominations et toutes les promotions prononcées depuis le 01.01.1933, sont déclarées provisoires.

7 / Le bon fonctionnent de l’administration, la juste répartition des tâches communes et leur exécution ne sont possibles que sur la base d’une Constitution. Or une constitution définitive ne pourra être arrêtée avec l’approbation du peuple qu’une fois la guerre terminée.

Les provinces du Reich, ainsi que les arrondissements et les communes jouiront d’une autonomie administrative.

8 / En temps de guerre, on ne peut pratiquer qu’une économie dirigée (...) nous supprimerons également toutes les mesures qui ont trop empiété sur les libertés individuelles.(...) L’objectif du rétablissement de l’entière liberté économique et de l’accès aux marchés mondiaux. Cet accès ne doit pas être entravé par des interventions de l’Etat.

Un ordre économique équitable, l’ouvrier allemand doit avoir lui aussi la possibilité de prendre part aux responsabilité.

La propriété est la base de tout progrès économique et culturel ; la propriété sera protégée.

9 / Nous définirons l’esprit de la politique de notre gouvernement qui sera axée sur la conciliation équitable des intérêts, la politique sociale. Son objectif sera de protéger les faibles. (..) nous devons tous accomplir un travail énorme pour remplacer ce qui a disparu : vêtements, logements, lieux de production ou équipements domestiques. Et enfin, nous voulons redonner à nos enfants la possibilité de connaître une vie meilleure. Nous sommes convaincus de pouvoir y arriver, à condition que le droit, la morale et la liberté reprennent leur place.

10 / Le bon ordre des budgets publics est la base essentielle de toute économie saine. Les dépenses doivent rester dans la limite des recettes. (...). Nous espérons pouvoir trouver des solutions permettant de rembourser les dettes si nous réunissons à rétablir une coopération confiante entre les peuples.

11 / Mais la guerre n’est pas encore terminée. Dans cette situation, nous devons tous dédier notre travail, nos sacrifice et notre amour aux hommes qui défendent la patrie (...).

Nous devons prêter assistance à toutes les victimes que cette guerre a faites.

12 / Ayant mis en garde contre cette guerre qui a déversé tant de souffrances sur l’humanité toute entière, nous pouvons parler en toute franchise.(...) En ce moment présent, nous proclamons que notre tâche première consiste à laver le nom de l’Allemagne. (...) Nous nous y attacherons avec bravoure et patience.

Reprenons le chemin du droit, de la morale et du respect mutuel ! Ces principes nous guiderons tous dans l’accomplissement de notre devoir.

 

Ludwig Beck devait devenir Chef de l’Etat

Carl Friedrich Goerdeler chancelier du Reich

après la réussite du coup d’état.

 

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