"Le Jazz, instrument de propagande"

 

ã Centre Régional « Résistance et Liberté »

Conférence - débat/ concert en présence de Bruno Giner, auteur-compositeur et auteur de l’ouvrage  De Weimar à Thérézine, 1933-1945 : l’épuration musicale (Editions Van de Velde, 2006).

 

Au cours des Années Folles, Joséphine Baker et Duke Ellington se produisent dans les grandes capitales européennes. La population « swingue » sur de nouveaux rythmes. Ces nouvelles expressions artistiques se diffusent pour pénétrer la musique dite savante. Kurt Weill, en1928, n’hésitant pas à bouleverser l’ordre établi, puise dans les inspirations jazz pour l’Opéra des Quat’sous.

 

La modernité qui caractérise cette décennie est réduite au silence dès l’avènement d’Hitler au pouvoir en 1933. Innovation et création artistiques sont, selon les idéologues nazis, sources de dégénérescence de la race ! A l’innovation artistique s’oppose désormais le folklore, la tradition et l’ordre établi. Les artistes n’auront d’autre choix que la lutte clandestine au péril de leur vie, l’exil, ou la poursuite de leur art sous le contrôle des services nazis. Richard Strauss, Carl Orff, etc. composent selon le credo défini par le IIIème Reich !

 

Se posent donc les questions centrales de l’engagement et du rôle de l’artiste dans une société et du pouvoir de la musique en tant qu’instrument de manipulation des foules mais aussi de survie contre la déshumanisation de l’univers concentrationnaire nazi.

Le jazz occupe une place particulière et pose un dilemme au ministère de l’information et de la propagande de Goebbels. En 1934, le jazz est interdit de diffusion sur les ondes radiophoniques. Nombreuses sont les protestations des auditeurs, appartenant aux classes socioprofessionnelles moyennes et supérieures devant incarner les futurs cadres du parti.