1919-1939 : des clés pour comprendre 1999


 

LA FRANCE DE 1919 À 1932

 

Au lendemain du premier conflit mondial, beaucoup de Français souhaitent le retour à un passé idéalisé qui est celui de la " Belle Epoque ". Or ni le " Bloc national ", ni " l’Union sacrée " s’avèrent capables de restaurer les structures et les catégories politiques de l’avant-guerre. Il faut attendre 1926 et le retour de Poincaré au pouvoir pour que la nation ait l’impression de retrouver des bases stables. Illusion de courte durée et qui ne survivra guère à la retraite, en juillet 1929, de l’ancien président de la République, moins encore aux premières manifestations de la crise.

 


Le Bloc national (1919-1924)

boutonr.jpg (906 octets) Les élections de novembre 1919

La campagne s’ouvrit et s’organisa tout de suite autour des thèmes suivants :

  • Ralliement autour d’un homme, Georges Clemenceau, le " Père la victoire ".
  • Crainte du bolchevisme et de la contagion révolutionnaire.
  • Thème de l’Union sacrée " qui trouve son prolongement dans un patriotisme jaloux, soucieux de préserver les fruits de la victoire, et dans la mystique du mouvement " ancien combattant ".
  • On souhaite enfin un renouvellement du personnel politique, davantage d’hommes nouveaux, ayant fait leurs preuves sur les champs de bataille. De fait, le pays élira une chambre " bleu horizon ", comportant un grand nombre d’anciens combattants. Les partis de droite et du centre s’unirent pour constituer un " Bloc national ", alors que la gauche abordait le combat électoral en ordre dispersé. Aux élections du 16 novembre, le Bloc national triomphe avec 433 sièges pour 180 seulement à la gauche. C’est le jeu des alliances qui a fait la décision.

 

boutonr.jpg (906 octets) L’élection présidentielle de janvier 1920

Elle allait vite souligner l’absence de cohésion du " Bloc national ". Le rassemblement s’était fait en grande partie autour du nom Clémenceau. Mais le Tigre avait contre lui beaucoup d’anciens ennemis politiques. Paul Deschanel, le Parlement préféra. Clémenceau obtint dans un scrutin préliminaire, 389 voix contre 408 à Deschanel. Quelques mois plus tard (septembre 1920), Paul Deschanel devait démissionner pour troubles mentaux, cédant la place à Alexandre Millerand.

 

boutonr.jpg (906 octets) De 1920 à 1924

Trois gouvernements se succèdent de septembre 1920 à 1924. Celui de Millerand, en raison de sa prise de fonction à la présidence de la République, est remplacé par Georges Leygues. Aristide Briand lui succède de janvier 1921 à janvier 1922. enfin Raymond Poincaré de1922 à 1924. Le " Bloc national " est loin de former un ensemble cohérent.

 

boutonr.jpg (906 octets) La politique du Bloc national

Des mesures de circonstance furent adoptées en tout premier lieu pour satisfaire l’aile conservatrice de la coalition.

 

boutonr.jpg (906 octets) Le problème social :

Il engendre une vague d'agitations dont les principaux épisodes sont la journée du 1er mai 1919, celle du 1er mai 1920 et la vague de grèves du printemps 1920. Face à ce mouvement, le gouvernement intervient avec la plus grande énergie envoyant la police et l’armée.

 

boutonr.jpg (906 octets) La politique financière

Les dépenses de la reconstruction, l’indemnisation des victimes de la guerre ont pour effet d’accroître rapidement le déficit du budget. Il en résulte une hausse des prix intérieurs et la dépréciation du franc sur le marché des changes. La crise monétaire atteint son paroxysme en mars 1924.


L’expérience du " Cartel " (1924-1926)

Aux élections de mai 1924, le Bloc national, déconsidéré, a perdu sa cohésion. Radicaux et socialistes ont au contraire décidé de s’unir et de constituer un " cartel des gauches ", dont ne font pas partie les communistes, pour permettre aux listes communes du Cartel d’enlever la majorité des sièges : 327 sur 581, les communistes obtenant pour leur part 26 sièges. En fait le Cartel ne détient la majorité à la Chambre que grâce aux 40 voix de la " gauche radicale ".

 

boutonr.jpg (906 octets) La démission de Millerand

Le Président de la République est accusé par les cartellistes d’être intervenu dans la campagne électorale en faveur des candidats du Bloc national. Au lendemain des élections, les vainqueurs exigent sa démission. Millerand quitte la chambre et c’est Gaston Doumergue, radical modéré, qui accède à la magistrature suprême, obtenant 515 voix contre 309 à Painlevé, candidat du Cartel.

boutonr.jpg (906 octets) Le ministère Herriot

Le ministère Herriot (juin 1924 – avril 1925) – Edouard Herriot, président du parti radical-, constitue un gouvernement sans la participation des socialistes mais avec leur soutien. Il mène une politique anticléricale qui passe par une école unique. Mais les principaux problèmes sont d’ordre financier. Au début de 1925, la crise financière s’aggrave et Herriot doit démissionner le 10 avril 1925.

boutonr.jpg (906 octets) La fin du Cartel

. Le départ d’Herriot inaugure une phase de grande instabilité ministérielle. Le 19 juillet 1926, Herriot forme un nouveau ministère. Deux jours plus tard, la foule conspue les ministres : Herriot qui craint d’être écharpé par les manifestants, porte sa démission au président Doumergue.


De l’Union Nationale au Gouvernement des droites (1926-1932)

 

boutonr.jpg (906 octets) Poincaré et le sauvetage du franc

Le redressement financier : de retour au pouvoir en juillet 1926, Poincaré constitue un gouvernement d’ " union nationale " avec les modérés, la droite conservatrice et les radicaux. Il s’applique à rétablir l’équilibre du budget (celui de 1926 est en équilibre).

 

boutonr.jpg (906 octets) Les élections de 1928

Elles permirent à la droite de regagner des positions. Poincaré continua de gouverner avec la majorité d’Union nationale jusqu’au congrès radical d’Angers et d’exiger la démission des ministres radicaux. Il constitua donc son premier ministère avec les seuls représentants de la coalition des droites. Malade et en proie à des difficultés avec les chambres, l’homme dut quitter le pouvoir en juillet 1929.

 

boutonr.jpg (906 octets) Les " modérés " au pouvoir

Des cabinets modérés se succèdent à un rythme rapide (9 en moins de trois ans) à partir de l’été 1929. Deux hommes dominent cette période : Pierre Laval, un ancien socialiste révolutionnaire rallié à la droite après le Congrès de Tours et André Tardieu. La droite libérale s’assure la présidence de la République avec Paul Doumer, élu en mai 1931 contre Briand, puis après l’assassinat de Doumer par l’anarchiste Gorguloff le 5 mai 1932, avec Albert Lebrun.

 


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