1919-1939 : des clés pour comprendre 1999 |
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| LA FRANCE DE 1919 À 1932 |
Au lendemain du premier conflit mondial, beaucoup de Français souhaitent le retour à un passé idéalisé qui est celui de la " Belle Epoque ". Or ni le " Bloc national ", ni " lUnion sacrée " savèrent capables de restaurer les structures et les catégories politiques de lavant-guerre. Il faut attendre 1926 et le retour de Poincaré au pouvoir pour que la nation ait limpression de retrouver des bases stables. Illusion de courte durée et qui ne survivra guère à la retraite, en juillet 1929, de lancien président de la République, moins encore aux premières manifestations de la crise.
La campagne souvrit et sorganisa tout de suite autour des thèmes suivants :
Elle allait vite souligner labsence de cohésion du " Bloc national ". Le rassemblement sétait fait en grande partie autour du nom Clémenceau. Mais le Tigre avait contre lui beaucoup danciens ennemis politiques. Paul Deschanel, le Parlement préféra. Clémenceau obtint dans un scrutin préliminaire, 389 voix contre 408 à Deschanel. Quelques mois plus tard (septembre 1920), Paul Deschanel devait démissionner pour troubles mentaux, cédant la place à Alexandre Millerand.
Trois gouvernements se succèdent de septembre 1920 à 1924. Celui de Millerand, en raison de sa prise de fonction à la présidence de la République, est remplacé par Georges Leygues. Aristide Briand lui succède de janvier 1921 à janvier 1922. enfin Raymond Poincaré de1922 à 1924. Le " Bloc national " est loin de former un ensemble cohérent.
Des mesures de circonstance furent adoptées en tout premier lieu pour satisfaire laile conservatrice de la coalition.
Il engendre une vague d'agitations dont les principaux épisodes sont la journée du 1er mai 1919, celle du 1er mai 1920 et la vague de grèves du printemps 1920. Face à ce mouvement, le gouvernement intervient avec la plus grande énergie envoyant la police et larmée.
Les dépenses de la reconstruction, lindemnisation des victimes de la guerre ont pour effet daccroître rapidement le déficit du budget. Il en résulte une hausse des prix intérieurs et la dépréciation du franc sur le marché des changes. La crise monétaire atteint son paroxysme en mars 1924.
Aux élections de mai 1924, le Bloc national, déconsidéré, a perdu sa cohésion. Radicaux et socialistes ont au contraire décidé de sunir et de constituer un " cartel des gauches ", dont ne font pas partie les communistes, pour permettre aux listes communes du Cartel denlever la majorité des sièges : 327 sur 581, les communistes obtenant pour leur part 26 sièges. En fait le Cartel ne détient la majorité à la Chambre que grâce aux 40 voix de la " gauche radicale ".
Le Président de la République est accusé par les cartellistes dêtre intervenu dans la campagne électorale en faveur des candidats du Bloc national. Au lendemain des élections, les vainqueurs exigent sa démission. Millerand quitte la chambre et cest Gaston Doumergue, radical modéré, qui accède à la magistrature suprême, obtenant 515 voix contre 309 à Painlevé, candidat du Cartel.
Le ministère Herriot (juin 1924 avril 1925) Edouard Herriot, président du parti radical-, constitue un gouvernement sans la participation des socialistes mais avec leur soutien. Il mène une politique anticléricale qui passe par une école unique. Mais les principaux problèmes sont dordre financier. Au début de 1925, la crise financière saggrave et Herriot doit démissionner le 10 avril 1925.
. Le départ dHerriot inaugure une phase de grande instabilité ministérielle. Le 19 juillet 1926, Herriot forme un nouveau ministère. Deux jours plus tard, la foule conspue les ministres : Herriot qui craint dêtre écharpé par les manifestants, porte sa démission au président Doumergue.
Le redressement financier : de retour au pouvoir en juillet 1926, Poincaré constitue un gouvernement d " union nationale " avec les modérés, la droite conservatrice et les radicaux. Il sapplique à rétablir léquilibre du budget (celui de 1926 est en équilibre).
Elles permirent à la droite de regagner des positions. Poincaré continua de gouverner avec la majorité dUnion nationale jusquau congrès radical dAngers et dexiger la démission des ministres radicaux. Il constitua donc son premier ministère avec les seuls représentants de la coalition des droites. Malade et en proie à des difficultés avec les chambres, lhomme dut quitter le pouvoir en juillet 1929.
Des cabinets modérés se succèdent à un rythme rapide (9 en moins de trois ans) à partir de lété 1929. Deux hommes dominent cette période : Pierre Laval, un ancien socialiste révolutionnaire rallié à la droite après le Congrès de Tours et André Tardieu. La droite libérale sassure la présidence de la République avec Paul Doumer, élu en mai 1931 contre Briand, puis après lassassinat de Doumer par lanarchiste Gorguloff le 5 mai 1932, avec Albert Lebrun.
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