1919-1939 : des clés pour comprendre 1999


 

LE BILAN HUMAIN, "LA GÉNÉRATION MASSACRÉE"

 

Les pertes humaines sont estimées à près de 9 millions d'hommes lors de la Première Guerre mondiale.

Pays pertes militaires pertes civiles
  morts ou disparus blessés dont invalides dues aux opérations militaires, à la disette, aux épidémies
France 1 400 000 (soit 10 % de la population active masculine) 3 000 000 1 100 00 570 000
Grande Bretagne 908 000 2 100 000    
Italie 650 000 947 000    
Russie 195 000 4 950 000    
États-Unis 116 000 204 000    
Allemagne 1 773 000 (soit 12 % de la population active masculine) 4 216 000    
Autriche-Hongrie 1 200 000 3 620 000    

Toutes ces pertes ont pour conséquence à long terme dans toute l’Europe un profond déficit de la natalité et la création de " classes creuses ".

 


Questionnaire pédagogique

 

 Primaires Bilan humain de la Première Guerre pour la France 

  • Combien dénombre-t-on de morts militaires en France ?

  • A combien évalue-t-on le nombre de blessés dans les rangs de l'armée française?

  • Combien y-a-t'il eu de prisonniers ?

 

Pour les Terminales Terminales, support d’étude de texte avec ce document

Document

Un pamphlet contre la guerre

En 1932, Louis-Ferdinand Céline publie son premier livre : Voyage au bout de la nuit. Ce médecin de banlieue, qui a été lui-même grièvement blessé au cours de la guerre, y donne de l’humanité une image sans espoir. Les premiers chapitres, d’où sont extraites ces lignes, sont consacrées à la guerre, dont l’auteur souligne le caractère profondément absurde.

" ... Mais bientôt les nuits, elles aussi, à leur tour furent traquées sans merci. Il fallut presque toujours la nuit faire encore travailler sans fatigue, souffrir un petit supplément, rien que pour manger, pour trouver le petit rabiot de sommeil dans le noir. Elle arrivait aux lignes d’avant-garde, la nourriture, honteusement rampante et lourde, en longs cortèges boiteux de carrioles précaires, gonflées de viande, de prisonniers, de blessés, d’avoine, de riz et de gendarme et de pinard aussi, en bonbonnes de pinard, qui rappellent si bien la gaudriole, cahotantes et pansues.

A pied, les traînards derrière la forge et le pain, et des prisonniers à nous, des leurs aussi, en menottes, condamnés a ceci, à cela, attachés par les poignets à l’étrier des gendarmes, certains à fusiller demain, pas plus tristes que les autres. Ils mangeaient aussi ceux-là, leur ration de ce thon si difficile à digérer (ils n’en auraient pas le temps) en attendant que le convoi reparte, sur le rebord de la route, et le même dernier pain, avec un civil enchaîné à eux, qu’on disait être un espion, et qui n’en avait rien. Nous non plus.

La torture du régiment continuait alors sous la forme nocturne, à tâtons dans les ruelles bossues du village sans lumière et sans visage, à plier sous des sacs plus lourds que des hommes, d’une grange inconnue vers l’autre, engueulés, menacés, de l’une de l’autre, hagards, sans l’espoir décidément de finir autrement que dans la menace, le purin et le dégoût d’avoir été torturés par une horde de fous vicieux devenus incapables soudain d’autre chose, autant qu’ils étaient, que de tuer et d’être étripés sans savoir pourquoi. "

L-F Céline, Voyage au bout de la nuit. Gallimard Paris 1932

Présenter rapidement Louis Ferdinand Céline 

Resituez le texte dans son contexte historique

Comment Céline insiste-t-il sur les difficultés des conditions de vie dans les tranchées ?

Qui Céline qualifie-t-il de " traînards " et quel est leur sort ?

A quelles fins Céline utilise-t-il des termes comme " torture ", " engueulés " etc.

Donnez le sentiment que vous procure ce texte.


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