Conférence : au Collège Marie de la Tour dAuvergne le 27 janvier 1999 |
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Organisée par Monsieur M. Chaumet, professeur agrégé dhistoire géographie et responsable du service pédagogique du Centre Régional " Résistance et Liberté ". Avec le concours du Centre Régional
" Résistance et Liberté " M. Chaumet commence par présenter tous les interlocuteurs. Article du Courrier de l'Ouest du 29.01.1999
Ils interviennent sur le thème " les agriculteurs dans la Résistance sur le monument de Lageon. (79)" Cest un thème développé dans le cadre du concours national de la Résistance.
M. Chaumet explique les 5 parties quil organise pour la réunion de cet après-midi. - 1ère partie est lavant-guerre - 2ème partie : la guerre en France, cest à dire la campagne de 1940 - 3ème partie : la vie quotidienne pendant la guerre - 4ème partie : la Résistance qui sera la partie la plus importante - 5ème partie : la Déportation ANNEXE : liste des réquisitions subies par Ernest Cailleau à la ferme de la Pommeraye
1ère partie est lavant-guerre
La première question quil leur pose est : De quel milieu sont ils issus ? il sait que ce sont tous des agriculteurs mais il voudrait connaître les différences (fermage, propriété, taille des propriétés entre chacun). Cest Mme Odette Potiron qui prend la parole la première. Elle a son père et son beau père sur le monument. Son père est Joseph Potiron, son beau père Abel Noirbusson. Mme Potiron Indique quà lépoque elle avait 9 ans, elle se souvient surtout du jour où son père est parti. M. Potiron exploitait la ferme du " Mélier " qui est une ferme de 30 ha en polyculture, cest à dire élevage, céréales et autres. La ferme Noirbusson était un peu plus grande, il sagissait dune ferme de 50 ha, à noter que Abel Noirbusson était également Conseiller Municipal.
M. Chaumet à ladresse de Mme Potiron Odette : Est-ce que des événements dans lavant guerre ont marqué M. Joseph Potiron et qui ont fait, quil a pu être éventuellement préparé à faire de la résistance ? Selon Mme Potiron, aucun événement particulier na pu marquer son père, cependant elle avoue être assez jeune à lépoque, elle navait que 9 ans et ne pas pouvoir répondre de façon très précise à cette question. Mme Potiron Odette indique que, de plus, elle ne savait pas que son père faisait partie de la Résistance. Seconde personne qui se présente, il sagit de Louise Talbot, nom de jeune fille Louise Potiron, elle est accompagnée de M. Abel Talbot, son époux. La famille Talbot était fermière dans une exploitation denviron 50 ha. Les fermes de Potiron et de Talbot se touchaient.
M. Chaumet :Une exploitation de 50 ha était elle considérée pour lépoque comme étant une grosse, une moyenne ou une petite exploitation ? Pour Mme Talbot, fille Potiron, il semble que ce soit une exploitation de superficie moyenne, elle spécifie quils nétaient pas propriétaires mais fermiers du terrain.
La troisième personne qui se présente est M. Cailleau, il sagit du fils dErnest Cailleau, agriculteur. M. Cailleau indique que son père est rentré dans la Résistance suite à un contact du Dr Bouchet. Le Dr Bouchet souhaitait que Ernest Cailleau lui prête un terrain pour des parachutages. M. Cailleau indique que M. Bouchet ne voulait pas que son père entre dans la Résistance il voulait simplement récupérer un terrain, cependant M. Ernest Cailleau a voulu rentrer dans la résistance et non pas simplement prêter son terrain. M. Ernest Cailleau était exploitant agricole dune grande exploitation de 120 ha. M. Cailleau indique quavant guerre son père Ernest avait fait la première guerre mondiale puis avait été réformé pour cause de maladie. En 1919, il reprit l'exploitation de son père (grand-père de l'intervenant). M Cailleau indique que son père fut également Conseiller Municipal et Conseiller darrondissement en 1937. Il est à noter que le poste de Conseiller darrondissement na pas déquivalent aujourdhui, cest un poste qui a disparu. Mme Talbot, fille Potiron, indique que son père était également Conseiller Municipal. M. Geantet, fils de Casimir Geantet, se présente ensuite. M. Geantet indique que son père avait une petite exploitation de 15 ha, exploitation située sur la commune de Ripère près de Maisontiers. M. Geantet indique que son père était également Conseiller Municipal. M. Geantet est arrivé sur la commune de Ripère en 1922 et était tout de même de la région puisquil est né à Amailloux, petit village proche de Ripère.
M. Chaumet : Doù étaient originaires ces personnes ? Il repose sa question à Odette Potiron qui indique que son père était originaire de Viennay (79). M. Faucon et de Denise Allonneau interviennent ensuite. Ces deux personnes sont parentes de René Brossard. M. Chaumet indique que le " cas " Brossard est un cas intéressant, en effet il sagit du plus jeune inscrit sur le monument, il avait 22 ans en 1939. Brossard est né dans une ferme de 5 ou 6 ha. Mme Allonneau indique que Brossard était son oncle et plus particulièrement son parrain. Selon Mme Allonneau la petite ferme était située au Breuil Bernard.
M. Chaumet : Question à Mme Allonneau : Etiez-vous très proche de Brossard ? Elle indique ne lavoir vu quune seule fois. Le père de Mme Allonneau était le beau-frère de Brossard. Brossard était ouvrier agricole, il travaillait chez dautres. Mme Allonneau indique que Brossard ne travaillait pas à la ferme de ses parents, cétait son père qui exploitait la petite exploitation de 8 ha et qu'il avait au total 8 enfants, 6 garçons, 2 filles.
M. Chaumet présente ensuite M. Pichot. Le cas de M. Pichot est intéressant, heureusement pour lui, son nom ne figure pas sur le monument de Lageon, mais cest quelquun qui a travaillé dans le monde agricole et qui pourra également témoigner sur la déportation. M. Pichot indique quil est originaire dune famille agricole dont les racines remontent jusquen 1780 à Tourtenay. Lexploitation faisait environ 40 ha, une partie propriété, une partie fermage (polyculture, céréales, plus viticulture). M. Pichot indique quil est issu dune famille engagée, son grand-père a été doyen des Maires des Deux-Sèvres (Maire vers 1839 et 1880. M. Pichot indique que son arrière-arrière-grand-père maternelle, Pierre Marchais, avait déjà des idées de " Liberté Républicaine ". Ces idées lui valurent dailleurs des problèmes sous Louis Philippe. Ces idées lont conduit à être interné, notamment à Luçon. Il fut libéré et recouvra son mandat de Maire de Tourtenay. M. Pichot présente également son arrière-grand-père maternelle qui était instituteur, et fortement imprégné des idées républicaines.
M. Chaumet rebondit sur les dires de M. Pichot en demandant aux autres familles Savez-vous si certains de vos ancêtres ont influencé la pensée de liberté de vos parents, futurs Résistants, comme pour le grand père de M Pichot ? Les gens ne savent pas et ne le pensent pas.
M. Chaumet : Est ce que des personnes résistantes décédées à Lageon avaient des fonctions dans les syndicats agricoles ? M. Cailleau et M. Geantet indiquent que oui. M. Cailleau indique quil sait que son père soccupait du syndicat notamment en 1937 au moment où on la sollicité pour se présenter comme Conseiller darrondissement.
M. Chaumet indique que le rôle des Conseillers darrondissement nétaient pas un rôle très important. Il sagissait de Conseillers situés entre les Conseillers Municipaux et les Conseillers Généraux. M. Cailleau indique que leur rôle en tant que Conseillers darrondissement était démettre des vux. M. Chaumet en déduit quils nont pas de rôle politique très fort mais par contre ils étaient tout de même connu.
M. Chaumet : Y a-t-il des événements dans lavant-guerre qui ont marqué vos aïeuls ?
Ces événements ont ils été commentés ? Et comment arrivait linformation à Lageon ? En effet dans les fermes on ne parlait pas de ces choses car on ne les connaissait pas. M. Cailleau explique comment linformation leur venait. Il explique que le facteur ne passait que lorsquil y avait des lettres à déposer chez eux, car la ferme était assez éloignée, environ deux kilomètres du bourg. Pour linformation les Cailleau avaient le journal une fois par semaine qui était déposé par le facteur chez un de leurs cousins. La famille CAILLEAU récupérait le journal le mercredi. M. Cailleau se souvient que son père la envoyé chercher ce journal car il sentait que son père était inquiet par rapport à ce qui se passait en 1938.
M. Chaumet Est ce que dans vos familles comme dans celle de M Cailleau, les gens étaient inquiets à la veille de la guerre ? M. Talbot, le mari de Mme Potiron était à lépoque militaire, il dit que lui il la voyait venir dans les rangs de larmée, il sentait que la guerre était proche.
Intervention dun professeur présent dans lassistance. Il indique quen venant, il écoutait France Inter dont le thème était lAnschluss. Il demande donc si ce premier coup de force dHitler, cest à dire lAnschluss était connu. Les gens indiquent ne pas connaître la situation de lAnschluss car ils navaient pas dinformation.
M. Chaumet : comment les gens étaient au courant de linformation et aviez-vous la radio ? Réponse collégiale des témoins, ils navaient pas la radio surtout parce qu'ils ne disposaient pas de lélectricité. M. Geantet indique tout de même avoir eu la radio juste avant la guerre. M. Pichot indique avoir vu un poste radio, le premier poste radio quil avait vu cétait linstituteur qui lavait confectionné, ça sappelait le poste " Galère ".
Isabelle Doré (Directrice du Centre Régional " Résistance et Liberté ") question à M. Pichot A quelle époque parle-t'il de ce poste confectionné par linstituteur ? M. Pichot indique que cétait vers 1933, 1934. M. Geantet indique que le poste quil a vu juste avant la guerre nétait pas chez lui, mais chez une tante en 1939.
M. Chaumet : Comment étaient informés les agriculteurs des événements nationaux et internationaux ? Le seul moyen de communication extérieure était le journal. Mme Allonneau et M. Faucon indiquent quils avaient des journaux mais pour eux linformation sur les événements extérieurs napparaissaient pas, ils disent il ny avait rien dessus. Le journal lu à lépoque était " La France de BORDEAUX ". M. Geantet indique que pour lui cétait " La Dépêche du Centre ". M. FAUCON Indique quil sagissait " du Petit Courrier ". Une personne présente dans lassistance vient rejoindre les témoins, il sagit de M. Papillon, cette personne indique être native de la Sarthe. Il était ouvrier agricole : pépiniériste. Cependant, il nexerçait pas son métier, il travaillait à la fabrique des masques à gaz à partir de 1938 pour lArmée Française. Il indique que les masques à gaz étaient une grosse production et il rappelle que des personnes calfeutraient leur grenier par peur dattaque de gaz, référence à la première guerre mondiale.
M. Chaumet : Est-ce que vos parents ou vous-mêmes, lorsquil sagit de vous-mêmes avaient été mobilisés ? M. Potiron fut mobilisé ainsi que le père de M. Geantet. M. Potiron a été mobilisé pour conduire des chevaux qui venaient dêtre réquisitionnés. Il fut mobilisé au total pendant une semaine. Le père de M. Geantet a été mobilisé et a été affecté à la poudrerie nationale dAngoulême. Il était avec Marcel Grimault. Le père de M. Geantet a été démobilisé au mois de Mars. M. Faucon indique que M. René Brossard a été également mobilisé puis prisonnier et libéré. M. Cailleau indique que de son côté il avait deux beaux frères de mobilisés. M. Pichot indique que son père ne fut pas mobilisé. M. Cailleau ajoute que son frère faisait son service militaire.
M. Chaumet : Ont-ils eu parmi les membres de leur famille des personnes qui ont été directement au front ? M. Cailleau indique que oui, un de ses beaux frères a été sur le front de la Somme, et que son autre beau frère eut un accident et fut hospitalisé à lhôpital dAngers où il fut fait prisonnier par les Allemands lors de linvasion de la ville. Ce beau frère qui était blessé à Angers fut emmené par les Allemands à Saumur où il resta prisonnier.
M. Chaumet sadresse directement à M. Faucon et à Mme Allonneau : Parlez nous de M. Brossard. M. Faucon indique que lui-même était sur le front ainsi que 7 membres de sa famille, (cinq beaux frères, M. Faucon et son frère). M. Faucon indique que sa division était le 11ème Cuirassé et il était basé à Sedan plus exactement dans la trouée de Sedan, cest-à-dire précisément à lendroit où les Allemands ont attaqué. En ce qui concerne M. Brossard, il a été également mobilisé, il était au 20ème Régiment à Poitiers. M. Faucon indique que M. Brossard a été mobilisé dès le début de la guerre et fut rapidement fait prisonnier. Brossard fut envoyé en Allemagne dans un camp de prisonniers militaires.
M. Chaumet, la guerre arrive, qu'en pense t-on dans les fermes ? Réponse spontanée des témoins, dabord " cela na pas duré longtemps ".
M. Chaumet précise alors sa question, quest ce quils pensaient dans les fermes de la fin de la guerre, cest-à-dire de la défaite et de larmistice ? M. Pichot indique que chez lui, il y avait un sentiment de honte, la honte davoir perdu la guerre et un sentiment d'anxiété par rapport à lavenir. Lanxiété notamment de ceux qui avaient déjà connu 1914/1918. Ces anciens combattants de 1914 ou ces personnes ayant connu la première guerre incitaient les jeunes à partir des campagnes et à fuir la guerre. " Les anciens " de 1914 disaient que les Allemands allaient saccager le pays. M. Pichot parle à son tour la rapidité des événements si bien que tout départ fut inutile car trop précipité. M. Pichot, au début de loccupation, fut surpris ainsi que sa famille par lattitude plutôt aimable des Allemands, ils étaient même très corrects.
M. Chaumet aux autres témoins : Avaient-ils également ce sentiment de " correction " des Allemands par rapport à la population ? Tous les témoins indiquent que oui, au départ les Allemands étaient très corrects. M. Faucon raconte un témoignage quil a connu dans son village : " les soldats Allemands avaient manqué de respect à trois filles et leur mère en les obligeant à se déshabiller à lextérieur et à rester nu dehors, il admet cependant quil ny a pas eu dagression sexuelle. Le lendemain, de colère, la mère des jeunes filles a été à la Kommandantur. Le commandant Allemand lui a demandé si elle était capable de les reconnaître, elle a dit oui. Le commandant a alors sonné le rassemblement, tous les soldats étaient là, la mère a désigné les soldats fautifs. Les jeunes gens ont avoué, le commandant les a fait mettre le long du mur et ils ont été fusillés. M. Chaumet demande à M. Geantet ce que lui, ainsi que son village et sa famille, ont ressenti ? M. Geantet indique que, jusquen juin 1940, il y a eu quelques accrochages militaires et une petite résistance militaire dans son village. M. Geantet se souvient que cette troupe de soldats français est partie la veille de larmistice, un samedi et le lundi le village était occupé par les Allemands.
M. Chaumet Quelle était la réaction de leur famille par rapport à la déroute militaire ? M. Cailleau indique que lorsque son père a appris que larmée française voulait faire une résistance et quelle voulait organiser une ligne de résistance sur la Loire, il a dit " ils sont complètement fous. Ils se sont fait laminer une première fois, cela recommencera une seconde fois". Il a dit plus précisément : "ils nont pas été capables de les arrêter sur la Seine alors pourquoi sur la Loire". Donc pour le père Cailleau " sétait cuit ". Le mari de Mme Louise Potiron, M. Talbot, indique que lui était militaire, ils battaient en retraite un petit peu nimporte comment à travers les routes et lorsquils croisaient des anciens de 1914, ces anciens de 1914 les insultaient en leur disant quils se " sauvaient comme des lapins ". M. Talbot indique que par rapport à larmistice, il y avait un sentiment de soulagement car tout le monde croyait en Pétain en tant que vainqueur de la 1ère guerre et sauveur possible de cette seconde guerre.
M. Chaumet : Dans les fermes, larmistice était un soulagement ou plutôt un sujet dinquiétude ? M. Cailleau indique quil y avait tout de même un soulagement par rapport à la vitesse de la débâcle. M. Geantet indique les Allemands fêtaient la victoire au champagne. Les premiers souvenirs de M. Cailleau de loccupant fut larrivée de deux Allemands à vélo afin de réquisitionner de lalimentation. Il se souvient que les deux Allemands avaient demandé des ufs et ils leur avaient demandé également de les faire cuirepour le transport. M. Cailleau se souvient que pendant quil faisait cuire les ufs, un des Allemands est entré chez eux et a vu une grande carte de la France qui était sur le mur. Il a regardé le père de M. Cailleau, il a regardé la carte et il a dit : "dans 3 semaines Angleterre, kaput !". M. Cailleau a dit peut-être, "mais noubliez pas quentre les deux, il y a de leau et donc il faudra traverser".
M. Chaumet demande à M. Papillon Que pensez-vous de Pétain en juin 1940 ? Il fallait que ça sarrête. M. Arsène Talbot indique quen tant que militaire, lui-même était très vexé ainsi que tous ses camarades de cette défaite. M. Arsène Talbot indique avoir assez rapidement retrouvé lespoir, en effet il avait entendu de Gaulle à la radio le 24 juin. M. Chaumet repose sa question sur Pétain, Que pensez-vous de Pétain en juin 1940 ? Cest M. Pichot qui répond et il indique que pour la population, larrivée de Pétain c'était larrivée dun homme prestigieux grâce à 1914/1918 et aussi le retour au calme et le retour des jeunes du front dans les fermes. M. Geantet indique également que pour lui, et autour de lui, les gens avaient confiance en Pétain grâce à sa victoire en 1918. En conclusion, en juin 1940, Pétain avait limage du général victorieux de 1918 qui reprenait les choses en mains.
Troisième partie, la vie quotidienne. M. Chaumet : Quest-ce qu'a changé loccupation dans la vie quotidienne ? Mme Potiron indique que pour elle dans sa famille cela na pas changé grand chose. Pour M. Cailleau, cette période marque surtout le retour dun de ses beaux frères. Ce beaux frère devait tout de même se présenter à la fin de chaque mois à la Kommandantur. M. Cailleau indique que ce beaux frère fut rappelé le 20 octobre à Saumur et par la suite renvoyé en Allemagne.
En ce qui concerne la vie quotidienne, M. Chaumet revient à une question plus précise, sur lalimentation. M. Chaumet indique que dans les villes (les témoignages quil a recueilli de la population citadine), cette période de la guerre était difficile surtout pour se ravitailler.
Dans les fermes on a connu également ces problèmes dalimentation ? Tous les témoins dirent ne jamais avoir connu la faim. M. Geantet précise même sestimer heureux davoir été à la campagne à cette époque. M. Geantet indique avoir mangé du pain, même sil était moins bon, il sagissait du pain de maïs. Les témoins indiquent navoir jamais connu de pénurie.
M. Chaumet : Aviez vous le sentiment dêtre privilégié du fait dhabiter dans les campagnes ? M. Geantet indique que oui. Il indique également avoir eu un oncle qui venait de Nantes à vélo afin de chercher du ravitaillement chez eux. Tous les témoins indiquent que cet exemple était un exemple courant. M. Arsène Talbot indique avoir vu des parisiens venir dans la région afin de récupérer du ravitaillement, également faire du marché noir. Marché noir que M. Arsène Talbot appelle commerce.
Question dans la salle, M. Chagnoleau (proviseur du collège) indique que ses aïeuls, son père, sa mère ont connu cette période de la guerre et il a souvenir que ses parent lui disaient que le premier hiver, lhiver 1940 fut un hiver très dur. Etait-ce le cas également pour nos témoins ? Les témoins répondent que pour leurs parents tout était question dorganisation, on sorganisait sous loccupation afin de vivre cela au mieux possible. Les témoins indiquent quégalement en Gâtine (région de Lageon) lhiver avait été très dur.
M. Chaumet : Est-ce que dans la conduite de lexploitation, il y avait des choses qui avaient changées ? Y avait-il des tracteurs, par exemple ? Tous les témoins expliquent quaucune exploitation nétait motorisée. Seul M. Cailleau indique quil avait chez lui une voiture mais ne possédait pas dengins agricoles. M. Cailleau indique quil avait une voiture mais pas dessence. Cependant M. Cailleau indique que son père avait un laissez passer quil avait en tant que Conseiller darrondissement. En conclusion, il ny avait pas de machines dans les exploitations, on fonctionnait toujours avec les chevaux. Les témoins indiquent cependant avoir besoin dessence pour la lumière, pour les lampes à carbure. Sur le plan de la vie quotidienne, les témoins indiquent quelques changements tout de même, par exemple, les chaussures étaient des chaussures à semelles de bois. M. Geantet indique que sa mère portait des sabots, sabots tout en bois, cependant il y a là également un aspect traditionnel, loccupation na rien changé pour cela. Il indique tout de même quils avaient du mal pour lui et ses frères et surs, pour lui et sa famille, à trouver des chaussures.
M. Chaumet : En ce qui concerne les difficultés de transport surtout au niveau des vélos, moyen de transport le plus répandu en campagne, Ces difficultés étaient-elles importantes ? Les témoins soulevent le problème des pneus. M. Papillon et Mme Potiron donnent leur témoignage à propos dune histoire de roue de vélo, M. Papillon a dû léchanger contre des cartes de tabac et Mme Potiron contre du beurre. M. Cailleau indique avoir acheté sous loccupation un vélo quil avait payé un louis dor et 1000 francs. Il indique que le louis dor était pour le vélo et les 1 000 francs pour la commission du vendeur. M. Geantet indique que la solution était le retour au pneu plein. M. Cailleau indique avoir connu également des pneus fabriqués grâce à des tuyaux darrosage.
M. Chaumet : Au niveau des vêtements, avait-il eu des changements sous loccupation ? Les témoins indiquent quils avaient de la laine car ils possédaient des moutons et ils filaient la laine eux-mêmes. En conclusion, Chaumet indique quils étaient également plus privilégiés que les gens dans les villes au niveau vestimentaire. M. Cailleau se souvient dune anecdote à propos dun costume qui avait été fabriqué pour son père juste avant la guerre et comme son père nest jamais revenu, cest lui qui la porté.
Isabelle Doré : Le manque dengrais a-t-il été difficile pour les exploitations agricoles ? Les témoins indiquent quà lépoque ils ne connaissaient pas les engrais, le seul engrais était le fumier et le composte naturel des animaux. Cependant ce qui changea durant la période doccupation pour la vie quotidienne ce fut les réquisitions.
M. Chaumet Quel était le poids des réquisitions sur leur vie quotidienne, sur lexploitation agricole ? Y a-t-il eu des réquisitions durant toute la période de loccupation, doù venaient ces réquisitions, sagissait-il de réquisitions pour les Allemands ou des réquisitions pour les Français et enfin quels étaient les produits et animaux, les bêtes qui étaient réquisitionnés ? Les témoins indiquent que les réquisitions au début étaient faites par les Français. M. Arsène Talbot indique quil y avait des commissions de réquisition qui étaient chargées deffectuer les réquisitions. Les réquisitions concernaient les bêtes (chevaux, vaches, moutons, mais également les céréales). M. Cailleau donne un descriptif exact quil a établi lui-même sur des réquisitions faites dans sa ferme, étude établie grâce à un carnet sur lequel sa mère notait chaque réquisition.
M. Chaumet Comment se passaient les réquisitions ? Les Allemands demandaient une quantité à la mairie et cétait le maire qui était chargé de faire la répartition. M. Cailleau indique que cétait surtout les conserves qui étaient réquisitionnées car il semblait difficile au maire de prendre une vachedans une ferme où il n'y en avait que 3 par exemple. Les témoins indiquent que ces réquisitions ont duré durant toute la période doccupation.
M. Chaumet demande à M. Pichot Quelle était lattitude des maires et des élus municipaux par rapport aux réquisitions ? M. Pichot indique que cétait un sujet de discorde et très difficile à débattre et que loccupation sétait également la présence et les pressions des militaires allemands.
Quatrième Partie : La Résistance M. Chaumet Y avait il des troupes doccupation, des troupes militaires dans les villages ? M. Arsène Talbot, dans le village de Ripère,(79) indique quau début il ny en avait pas. A noter que Ripère est un tout petit hameau. M. Arsène Talbot indique que les Allemands sont venus après les parachutages suite aux affaires et aux arrestations. Mme Potiron indique quelle se souvient avoir été à lécole et que les Allemands occupaient lécole de Lageon. M. Cailleau indique quà Maisontiers (79) il y avait une école de Sous Officiers qui occupait le château. Il sait quils nétaient pas très nombreux et quils étaient habillés tout en noir. Mme Potiron indique que, après les parachutages à la ferme du " Mélier " où elle vivait avec son père, les Allemands étaient présents tous les soirs sur le terrain. M. Geantet indique quil y avait également des militaires présents dans son village mais beaucoup moins quà Maisontiers. M. Pichot indique quà Tourtenay (79) au début de loccupation il ny avait pas énormément de militaires Allemands. Il voyait surtout des troupes de passage. Il dit quau début les militaires Allemands sintéressaient à Tourtenay pour savoir si les carrières de tuffeau et les grottes étaient exploitables afin de cacher des armes ou du matériel militaire. M. Pichot répond que les villageois de Tourtenay ont découragé les Allemands de cette idée en leur indiquant quil y avait de nombreux éboulements. Après les parachutages et les arrestations à Tourtenay, M. Pichot sait que les militaires Allemands ont " investi " le village et ont même nettoyé des grottes dans lesquelles il y avait des éboulements afin de stocker 45 tonnes de matériel de plus il y avait également des miradors dans les grands arbres à Tourtenay, Tourtenay étant un village en butte il permettait de voir assez loin.
M. Chaumet demande à M. Papillon Dans quel village étiez vous à lépoque ? M. Papillon lui indique quil était à Secondigny et quil y avait également des militaires Allemands présents à Secondigny. (79)
M. Chaumet demande à M. Papillon Y en avait-il beaucoup ? M. Papillon dit que oui et quil y avait même des chars à lentrée de la ville.
M. Chaumet Est ce que la présence des Allemands dans les villages et je dirais à la vue quotidienne des villageois a développé un sentiment de mécontentement qui aurait pu provoquer lengagement dans la Résistance de certains témoins ou de leurs parents ? M. Talbot réplique : "de toute façon, on ne les aimait pas !" Conclusion à cette question après la réponse des témoins qui fut plus ou moins évasive. Conclusion faite par M. Chaumet cest que la présence des Allemands nétait pas un des motifs essentiels de rentrer en Résistance.
M. Chaumet: Vous indiquiez que vous ne les aimiez pas, cependant est-ce que parmi la population, ils connaissaient dautres personnes qui eux au contraire navaient rien contre la présence des Allemands ? Dans les villages savait-on quil y avait certaines personnes nétaient pas hostiles à la présence des Allemands ? M. Pichot indique quil connaissait des personnes qui recevaient des Allemands chez eux. Ils ne savaient pas trop ce quils faisaient mais cétait plutôt des sympathisants. M. Pichot indique que ce nétait pas un phénomène rare. En grande majorité, il sagissait de gens qui " laissait faire ". M. Pichot cite que, par exemple, le maire de Tourtenay qui nétait pas quelqu'un de méchant ni quelquun qui nétait pas aimable, mais sans doute un peu peureux, na pas hésité à venir, le lendemain de larrestation de M. Pichot et de son père, chez Mme Pichot afin de demander les cartes dalimentation. M. Cailleau indique quil connaissait un voisin qui prêtait ses chiens pour la chasse aux Allemands. M. Cailleau rajoute que ce voisin devait être fusillé par les Résistants mais il sy est opposé et a demandé aux résistants dattendre la fin de la guerre afin que ce voisin soit jugé, un jugement fut fait après guerre et le voisin fut condamné à 18 mois de prison.
Il voudrait que de façon très précise chaque résistant présente les motivations et la façon dont il est rentré en résistance. M Chaumet : Comment cest fait lentrée en résistance soit des personnes présentes soit de leurs parents ? M. Arsène Talbot indique quil sétait engagé dès mai 1942. En effet, Il sétait engagé à rendre les armes à Roger Bernard qui était alors maire de Lageon. Ce Bernard ou Mainard était lié à Brisset de Parthenay (79). Bernard ou Mainard était maire de Lageon sous loccupation, mais fut remplacé par un nouveau maire nommé par Vichy et donc ce Bernard ou Mainard est entré en résistance, dès mai 1942 il a contacté M. Arsène Talbot. Le cas de René Brossard est particulier car il était prisonnier en Allemagne. Il sest dabord évadé puis fut envoyé comme ouvrier agricole chez un agriculteur, Calixte Vendé, qui était très investi dans la Résistance et de là il a choisi lui également de rentrer dans la Résistance. Le cas de Ernest Cailleau est également assez particulier, il fut contacté par le docteur Bouchet en avril 1943. Le docteur Bouchet désirait un terrain de parachutage et il savait que Cailleau avait un terrain qui se prêtait bien à ça car il était loin des routes et assez long et plat. Ernest Cailleau a voulu prêter son terrain mais il a également voulu entrer en Résistance, il était hors de question pour lui de prêter uniquement son terrain.
M. Chaumet pose la question à M. Cailleau A propos des relations que pouvait avoir Ernest son père et le docteur Bouchet car il savait qu électoralement quelques années plus tôt ils étaient dans un camp adverse ? M. Cailleau explique quen effet avant guerre son père sétait présenté sous létiquette " radicale " alors que M. Bouchet sétait présenté sous létiquette " droite " à lélection de Conseiller darrondissement, cest peut-être à lélection du maire.
M. Chaumet : Cette " lutte électorale " avait elle eu des incidences sur les rapports entre les deux hommes ? M. Cailleau indique que non, que malgré cette " lutte électorale ", ils étaient très amis et pour argumenter ses dires, il précise que M. Bouchet était le médecin de la famille, donc ils se connaissaient très bien. M. Geantet indique de son côté que son père est entré en Résistance par lintermédiaire de Roger Hélier en 1943. M. Papillon lui entra en Résistance en juin 1944 après le débarquement, tout de suite après le débarquement, vers le 30 juin. Il participa au maquis de Secondigny. M. Pichot indique que lui est rentré en Résistance suite à un contact avec la famille Hélier. En effet, la sur de M. Pichot, Léone Pichot, née en 1923, sest mariée en 1942 à Jean Hélier, fils de Roger HÉLIER originaire de la Chapelle St Laurent. Roger Hélier accompagné du Colonel Delahaye Didier, originaire également de la Chapelle St Laurent et qui est un ancien Colonel rapatrié de Syrie, sont venus ensemble le 20 novembre 1942 contacter Léonce et Gérard Pichot pour les aider à trouver un terrain de parachutage, participer à une équipe de reception des parachutages et trouver des caches pour les armes. Indication très importante, Jean Hélier et sa femme Léone Hélier, née Pichot, vivaient dans la maison familiale des Pichot donc le contact était quotidien entre Jean Hélier et la famille Pichot. Avant les parachutages, Léonce et Gérard Pichot faisaient les agents de liaison entre Thouars et Roger Hélier situé à la Chapelle St Laurent. M. Pichot prenait régulièrement le train de Bressuire avec son épouse afin déchanger des messages. Messages sur dautres contacts, sur des renseignements par rapport aux cheminots ou encore sur des mouvements de troupes. Ce groupe était composé de Roger Hélier comme chef, de Léonce & Gérard Pichot, Ludovic Courtin, Gabriel Mathé, de Paul Van Wymerch et dune dernière personne présente seulement au premier parachutage, Abel Tounoire. Abel Tounoire était le beau père de M. Gérard Pichot, cest à dire le père de sa femme, Mme Jeanne Pichot, née Tounoire. M. Pichot sest marié avec Jeanne Tounoire en mai 1943. La famille Tounoire est originaire de Tourtenay comme la famille Pichot. Ces deux familles se connaissaient bien. Abel Tounoire est rentré en résistance par connaissance des agissements de son beau fils, Gérard Pichot. Aucun résistant sur le monument de Lageon ou résistants encore présent ici na participé à des actions militaires à proprement parlé excepté M. Papillon qui a fait parti des FFI à partir du 30 juin 1944. Mais lui, il était au maquis de Secondigny.
Question de Guillaume Guerder (responsable animation du CRRL) Les résistants avaient-ils conscience beaucoup ou pas des risques quils prenaient et quils faisaient prendre à leur famille ? Les risques sur le moment, ils en navaient pas conscience car pour eux il ny en avait pas, il ny avait pas dAllemands dans le village donc pour eux ils ne pouvaient pas être vu en train de récupérer les armes et tout ça, par contre, ils connaissaient les risques en cas darrestation qui était la mort, plus précisément, lexécution. Toujours en ce qui concerne les risques, M. Pichot indique quil avait une confiance assez importante avec les amis auxquels il participait aux parachutages, cependant il indique quil ne les connaissait pas avant les parachutages. Quand on ne connaît pas on ne peut pas en soi dénoncer soit sous la torture parler.
Guillaume Guerder à M. Cailleau et à M. Pichot, M. Cailleau faisait parti du groupe OCM, (Organisation Civile et Militaire) M. Pichot faisait parti également du groupe OCM, Pour Cailleau il sagissait de lOCM de Lageon , et pour Pichot celle de Tourtenay. Aussi étaient ils au courant quil existait dautres mouvements de la même organisation dans la région et savaient-ils que leur mouvement était un mouvement à vocation nationale ? A la fois M. Cailleau et M. Pichot indiquent quils navaient aucune connaissance dautres groupes aussi proche, ils savaient cependant que leur groupe avait une résonance nationale, ils savaient que la résistance avait une organisation nationale. Au niveau des risques M. Pichot indique quil était interdit de prélever des armes lors des parachutages car il était trop risqué de se faire prendre les armes à la main. Au niveau des liaisons M. Pichot indique que le seul indice quils avaient était le message qui passait à la radio et qui déclenchait tout. M. Chaumet passe au thème suivant le débarquement et la déportation, alors à noter, très peu dinformations sur le débarquement, par contre sur la déportation il intervient et il demande à M. Pichot de prendre la parole puisque cest le seul déporté présent dans les lieux. M. Pichot indique que son père fut arrêté le 09 août 1943, que le jour même il sest enfuit et sest caché pendant 3 jours dans les marais. Il sera arrêté 10 jours plus tard chez son beau père Abel Tounoire. M. Pichot après ces 3 jours passé dans les marais ne revenait chez les Tounoire que la nuit afin de ne pas se faire prendre. M. Pichot fut pris dans la nuit du 18 au 19 août 1943 à 3 heures du matin dans sa belle famille, chez Abel Tounoire qui lui ne sera pas arrêté. Abel Tounoire échappe à larrestation car dans léquipe aucune personne ne connaissait son nom. Le 12 janvier, M. Pichot est déporté vers Compiègne, il reste une semaine à Compiègne, il arrive en Allemagne à Büchenwald. A noter que la déportation de M. Pichot fut très difficile comme toutes les déportations, et que les témoins indiquent quaprès les arrestations soit de leur père, ou soit comme M. Pichot, de lui-même, ce sont les femmes qui ont repris le relais dans les champs, cest à dire, que la vie quotidienne continuait à Lageon, Tourtenay, Ripère, Maisontiers.
Cinquième Partie : La Déportation
M. Chaumet : Pour ceux qui étaient restées à Lageon ou dans la régions, avaient-ils des nouvelles de leurs parents, savaient-ils où ils étaient quand est-ce quils avaient été déportés, ce qu'ils étaient devenus, sils étaient fusillés ? Réponse de tous les témoins, nous ne recevions que très peu de nouvelles, cétait des nouvelles au compte goutte et qui étaient souvent en Allemand, ils recevaient des lettres sur lesquelles les déportés indiquaient, par exemple, si vous voulez mécrire, vous mécrirez au block n°(X) à Büchenwald ou alors demandant des colis et autres. Les témoins indiquent que les colis et les courriers étaient contrôlés par les Allemands dans les deux sens, cest-à-dire aussi bien des colis qui partaient vers les camps de déportation que les lettres qui en arrivaient.
Question que M. Chaumet pose à M. Pichot. Quel fut laccueil en France et quel fut son sentiment au retour ? M. Pichot indique que son retour en France, il eut un accueil qui fut à la fois formidable et terrible. Formidable car tout le monde était content de le revoir, lui même était content de goûter à la liberté. Terrible car il pensait à tous ceux qui nétaient pas revenus. M. Pichot indique quil y avait notamment des femmes, des enfants qui venaient le voir lui demander des nouvelles savoir sil avait connu quelquun de leur famille dans les camps. Mais malheureusement la plupart du temps, il donnait des mauvaises nouvelles.
Question de Guillaume Guerder à M. Cailleau. Pense t-il que si les armes navaient pas été prises par les Allemands, pour lui à quoi auraient elles servies, surtout à qui auraient elles servies ? Selon M. Cailleau pour lui, les parachutages ont commencé trop tôt. Il pense que cest parce que le débarquement était prévu pour 1943. M. Chaumet acquiesce et rajoute que pour lui cétait le sentiment quon voulait créer dans cette région de France afin de mobiliser les gens et également intoxiquer les Allemands.
M. Chaumet clôt la réunion en remerciant tout le monde dêtre présent et que tous ces témoignages croisés étaient très intéressants.
Propos recueillit et mise en forme par léquipe du Centre Régional " Résistance et Liberté " Mlle Isabelle Jacquet, Eric Pignon, Guillaume Guerder. Pour plus de renseignements et pour se procurer le fascicule sur le monument de Lageon. Contacter M Guerder ou Mlle Jacquet au Tel 05-49-66-42-99 Fax 05-49-66-44-18 Email animation@crrl.com.fr |