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CHAUVENET ANDRE

Nom - Prénom Chauvenet André
Pseudonyme Charles puis Douillard
Date et lieu de naissance le 17.01.1900 à Bompas (66)
Date de décès le 02.04.1981à Marseille
Domicile Thouars, Bordeaux, Draguignan
Profession Chirurgien
Fonction dans la résistance Chef de groupe
Réseau, groupe, maquis Confrérie Notre Dame
Date Arrestation Arrêté le 25.07.1941
Relâché puis de nouveau arrêté le 21.01.1942
Lieu de détention et de déportation Fresnes, Hinzert, Wittlich, Trèves, Tegel-Berlon,
Bauttzen, Dresde, Radenbert, Buchenwald
Matricule 136 166

André Chauvenet / Fonds Conservatoire / Don DupitierAndré Marie Antoine Chauvenet est né à Bompas (66) le 17.01.1900, et décédé à Marseille le 02.04.1981.
Fils de Chauvenet Joseph médecin et de Duclos Antoinette.
Marié à Bordeaux le 07.09.1919 avec Jeanne Longueville qui décéda le 06.12.1954.
Une fille de son premier mariage : Jacqueline née à Bordeaux le 02.07.1920 et décédée à Thouars le 20.02.1936.
Remarié à Strasbourg le 25.06.1955 à Géneviève Koening.
Deux filles Isabelle née en 1956 et Laure née en 1958.
Il avait un frère Marcel, artiste sculpteur.

Aussitôt ses études médicales terminées, à la faculté de Bordeaux, il fut nommé à Thouars et devint le premier chirurgien en titre de l’hôpital de Thouars. En 1955 il quitta Thouars pour s’installer à Bordeaux, puis Draguignan où il termina sa carrière.

A. Chauvenet fut l’un des premiers résistants de France, dès 06.1940, comme le dit Chauvenet lui même, " Ils ont fait les premiers pas. Des pas mal assurés et trébuchants . La conspiration veut une technique, on commençait à la mettre au point quand nous avons été pris. "

Arrêté par les Allemands pour faits de résistance, le 25.07.1941 et conduit à Bordeaux , il fut relâché mais arrêté une seconde fois le 21.01.1942. Il passa une journée et demi à Niort puis fut envoyé à Fresnes pendant 9 mois. Le 09.10.1942 il partit pour les prisons de Hinzert, Wittlich, Trèves, Tegel-Berlon, Bauttzen, Dresde, Radenbert, et enfin Buchenwald.

Libéré le 06.04.1945, il reprit ses activités professionnelles quelques mois après son retour.

A ses cotés il y avait son collaborateur le docteur André Colas, électro-radiologiste, qui fut un ami dans ses fonctions professionnelles mais aussi dans la résistance. Colas fut arrêté et relâché, il partit à l’étranger.

Lettre adressée au Dr Bouchet

" Il y a eu des types épatants, tels ces paysans qui sont venus spontanément se mettre sous mes ordres et m’ont dit avoir des armes cachées. Eux aussi s’étaient " engagés " ! tel mon menuisier Radotin, tel Grasset du Cheval Blanc, tel le notaire Cassin de Thouars, tel M. Gault d’Orbé.

A partir de mon retour en zone occupée après ma démobilisation (20 sept. 1940) j’ai jeté les bases d’une organisation anti-allemande. Pour cela, j’ai pressenti autour de moi et sur une étendue correspondant d’abord aux limites de ma clientèle, tous ceux que je pensais dans les mêmes sentiments que moi même. J’ai découvert rapidement que Gabriel Richetta, percepteur à Thouars, avait de son côté commencé à créer une organisation paramilitaire. Il s’est mis spontanément sous mes ordres et nous avons continué ensemble à créer des cellules dans les villages du nord du département, dans la Vienne et l’Indre et Loire où j’ai été particulièrement aidé par le docteur Pierre Labussière (mort en déportation), de Chinon, et par le docteur Massonaud de Richelieu. Nous avons fait avec nos hommes la récolte des armes sur les anciens lieux de combat et nous les avons entreposées en particulier chez les Pichot de Tourtenay et chez Chudreau d’Auboué. D’autres ont gardé chez eux de petits contingents d’armes. Dans ma tâche, j’ai été aidé par diverses personnes et dès le début par le Dr Jean Gallot et par le Dr André Colas qui, on le verra, a joué un rôle magnifique dans la résistance. En même temps, tout en augmentant le nombre des cellules, aidé souvent par des médecins, tels Pierre Cacault de Bressuire, Chaudron des Aubiers, nous avons fait une propagande intensive contre Vichy et contre les occupants. Nous l’avons faite à ciel ouvert et j’ai mis constamment mon autorité en jeu. Dans cette propagande, j’ai été aidé très effectivement par M. Henri Delalande de Thouars qui a été particulièrement courageux. J’ai parlé de la question avec le Dr Daniel Bouchet de St Loup sut Thouet qui dès le début a été pleinement avec nous et qui a joué par la suite un rôle splendide dans son coin. A Montreuil-Bellay (49), j’ai eu un lieutenant très actif (propagande, dépôts d’armes, renseignements) en la personne du gendarme Clairo dont toute la famille a été résistante. Tous les gendarmes de Thouars, à l’exception de leur adjudant ont agi.

Je tiens à rendre hommage à Suiro, instituteur à Massais et à Melle. Odette Meignier, institutrice à Courcoué (37) qui ont été des tout premiers. De même m’a aidé le Dr Claude Sarrasin alors installé à Parcay les Pains (49).

Sans avoir le contact avec Londres, nous avons commencé à établir notre système de renseignements et je me suis mis en quête pour obtenir ce contact. Que de difficultés ! que de pas, de contre pas, de faux pas ! A Paris, à Rochefort, où nous avons failli tomber dans un piège grave, j’ai vu toutes sortes de personnes. Mais ce n’a été qu’au début de 1941 que ce contact a été trouvé grâce à mon ami Stan de la Débuterie. De Londres, début mars 1941, nous avons reçu un émissaire avec des instructions, c’était Gilbert Renault dit Rémy ou Colonel Roullier sous les ordres de qui nous nous sommes spontanément placés. Avec la Débuterie nous sommes partagés la question " renseignements ", moi restant ici en second. J’ai gardé ma liberté et le commandement en ce qui concernait l’organisation paramilitaire.

Nous avons hébergé l’émetteur de Radio Lhermitte qui a travaillé de longs jours durant dans le service médical du Dr Colas à l’hôpital de Thouars, puis chez Chudreau avant que nous l’ayons placé à Saumur par l’entremise de Decker (mort en déportation) où il a été arrêté en plein " travail ". Lhermitte a été exécuté. Il n’a pas parlé. J’ai servi à ce moment de boîte aux lettres terminale et initiale. Nous avons reçu des émissaires tels Maugé, Prince. La famille Richetta s’est comportée magnifiquement. S’est bien comporté aussi Gabriel Braud de Thouars.

En mai 1941, j’ai organisé à Bordeaux, avec l’aide du professeur agrégé Jean Auriac et d’André Bergez un service de renseignements et de combat. Dans ce groupe, une agent double à la solde de Ponsot nous a dénoncés et nous avons été arrêtés en juillet 1941. Le suicide héroïque de Jean Auriac m’a permis d’être libéré. André Bergez s’est évadé. Nos camarades Pierre Vilain, Robert Blanc, René Barthe, Jean, Marcel et Pierre Girard, André Guilbaud, Jean Rafauste, Silbergerg ont été exécutés ou sont morts en déportation. J’ai continué la lutte.

En juillet 1941, j’ai organisé avec Maurice Tardat un groupe de renseignements et de combat à Angers. Je l’ai fait avec l’aide du Dr Jean Baugas, de Enquebecque et avec M. Ravaud de Thouars comme agent de liaison. Tardat, arrêté en 1943 est mort à Buchenwald.

Ce groupe a connu des morts, des déportés. Il a continué après mon arrestation et Mme Tardat a continué après celle de son mari. Début 1942, j’ai organisé un service de renseignements à Criqueville près de Bayeux avec l’aide de mon ami le Dr Robert Prinard. Mon arrestation a mis fin à son activité commerçante.

A Paris, le Dr Jacques Charles Bloch chirurgien des hôpitaux me servait d’agent de renseignements. J’étais chez lui dans la nuit du 11 au 12 décembre 1941 lorsqu’on est venu l’arrêter et c’est devant moi qu’il s’est donné la mort.

Notre service du nord des Deux-Sèvres a organisé le premier centre effectif de parachutage dont j’ai donné le commandement technique au Dr André Colas qui l’a conduit avec un courage et une habileté remarquable.

Le 21 janvier 1942, j’ai été arrêté pour la 2ème fois et conduit à Fresnes. Le même soir, Colas était arrêté. Il est resté en prison et il doit à un vrai miracle d’avoir été relâché.

Pour ma part, après 8 mois de secret absolu à Fresnes, le 9 octobre 1942, j’ai été déporté en Allemagne où j’ai été traîné de camps en prisons, de prisons en camps pour échouer à Buchenwald, mourant de tuberculose cavitaire aiguë et où j’ai été délivré par l’avance américaine le 11 avril 1945. Je suis rentré en France le 23 avril 1945, après 3ans et 3 mois de captivité.

A mon retour, pneumo d’urgence. 15 mois de sana.

Je dois ajouter qu’à Paris, juste avant mon arrestation je venais d’organiser un service de renseignements avec le R. Père D’Oince jésuite qui devait me passer des renseignements sur l’activité anti-chrétienne des nazis en Allemagne. Mon arrestation a mis fin à ce service mais le Père D’Oince a continué d’agir. Il a été arrêté et relâché après quelques semaines de Fresnes. "

De son retour de déportation le docteur Chauvenet, laissa un témoignage dans son oeuvre : " Une expérience de l’esclavage ", souvenirs d’un résistant poitevin déporté, Editions UPCP, 1989

Emile Auger / Fonds Conservatoire / Don Emile Auger   Famille Touret / Fonds Conservatoire / Don famille Touret

Sources:

  • Lettre de Chauvenet à Bouchet, document extrait des archives du Conservatoire de la Résistance et de la
    Déportation des Deux-Sèvres.

  • André Chauvenet
    " Une expérience de l’esclavage "
    souvenirs d’un résistant poitevin déporté, Editions UPCP, 1989

  • Henri Noguères, M Degliame-Fouché et J. L Vigier
    " Histoire de la résistance en France "
    5 tomes, éditions R Lafont, Paris 1967.

  • Louis Vien
    " En guise d’approche pour une histoire de la Résistance dans les Deux-Sèvres "
    Correspondant départemental du comité d’histoire de la 2nde Guerre Mondiale.

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